Présentation du dossier thématique
« Après un premier numéro consacré aux pratiques d’écriture en cours de langues anciennes, il s’agit dans ce second numéro d’explorer plusieurs points de contact entre langues anciennes et langues vivantes étrangères, mais aussi d’en observer les bénéfices pour l’élève aujourd’hui — et pour l’adulte qu’il sera demain. » (Extrait de l’appel à contributions.)
« Ce constat de l’interdépendance des langues européennes et de leur relation étroite avec les langues anciennes nous a naturellement conduits à consacrer le dossier principal de ce deuxième numéro de la Revue de pédagogie des langues anciennes aux « langues anciennes et langues vivantes en contact », dans le cadre de leurs didactiques propres. Le dossier regroupe six contributions qui illustrent à la fois la manière dont les langues anciennes apparaissent comme de précieux outils au service des langues modernes et l’apport possible des langues vivantes dans la didactique des langues anciennes. » (Extrait de l’éditorial.)
Données éditoriales
- Titre : « Langues anciennes et langues vivantes en contact ».
- Éditeurs : Vincent Bruni, Clémence Coget, Thomas Frétard, Benoît Jeanjean, Peggy Lecaudé, Samuel Tursin, Géraldine Zych Ben Salem.
- Date de publication du numéro complet : 12/04/2024.
Sommaire
Avant-propos
Éditorial : Bis repetita
- Benoît JEANJEAN
- p. 5–9
- publié en ligne le 12/04/2024
Le latin (et le grec) autour de la France
-
Philippe CIBOIS
- p. 11–24
- publié en ligne le 21/12/2023
Résumé
Avant de montrer à quel stade l’enseignement du latin est parvenu en France et dans les pays qui l’entourent, on classera les types d’organisations des études en utilisant le taux de latinistes en fin de secondaire. Cet ordre est lié au fait que soit le latin est une matière obligatoire (dans une filière donnée), soit il est une option à prendre parmi plusieurs, soit enfin il est totalement facultatif.
Mots clefs
Dossier thématique
« Ulysse est un réfugié politique, c’est Baudelaire qui l’a dit »
Ou comment les connaissances linguistiques et les références culturelles peuvent (peut-être) éviter aux élèves des contresens en compréhension/interprétation de textes
- Sabine RODRIGUEZ-GRAPPERON & Valérie LETERQ
- p. 27–49
- publié en ligne le 02/02/2024
Résumé
De nombreux enseignants de français/lettres notent, chez leurs élèves, une fracture croissante avec la culture de l’écrit. Depuis la démocratisation de l’enseignement (actée par la loi Haby en 1975) et l’arrivée dans le secondaire de nouveaux profils d’élèves, les élèves latinistes et/ou hellénistes sont souvent perçus comme de « bons élèves de français », maîtrisant la grammaire et l’orthographe. Pour tenter de questionner les fondements de cette représentation et tenter de mesurer quantitativement et qualitativement l’apport des cours de Langues et Cultures de l’Antiquité (LCA) sur la compréhension de textes en langue française, nous avons soumis 77 élèves de seconde d’un lycée de centre-ville à un questionnaire de compréhension de textes. L’idée sous-jacente était de comparer les résultats du groupe latiniste-helléniste (16 élèves) à ceux du groupe non-LCA (61 élèves). L’analyse des protocoles a montré que les indicateurs retenus ne permettaient pas de différencier de manière significative les deux groupes. En revanche, deux caractéristiques dans les protocoles du groupe non-LCA ont paru intéressantes à relever : le nombre de non-réponses d’une part et le nombre de contresens d’autre part. Les élèves non-LCA ont souvent proposé une interprétation anachronique d’un poème de Baudelaire là où les élèves LCA se montrent plus prudents.
Mots clefs
L’intercompréhension des langues romanes, un pont entre langues anciennes et langues vivantes ?
- Typhaine MANZATO
- p. 51–76
- publié en ligne le 06/01/2024
Résumé
Cet article propose d’explorer la question du lien entre les langues anciennes et les langues vivantes à la lumière de l’application didactique de l’intercompréhension des langues romanes. À partir des résultats d’une recherche doctorale portant sur la création de parcours d’activités basés sur les principes de l’intercompréhension en contexte secondaire pour l’enseignement du français en Italie et de l’italien en France, nous montrerons comment la connaissance des langues anciennes représente un bénéfice indéniable pour les stratégies de compréhension et l’apprentissage des langues voisines. Nous discuterons également de l’intérêt et de la manière de lier l’enseignement des langues anciennes et des langues vivantes dans la visée du plurilinguisme et du développement de la compétence plurilingue des apprenantes et des apprenants.
Mots clefs
Réflexion sur la place du latin en intercompréhension des langues romanes
- Pauline PRUDOR
- p. 77–95
- publié en ligne le 12/04/2024
Résumé
Le lien de parenté entre le latin et les langues romanes pourrait à lui seul justifier de prime abord l’intégration du latin à l’approche plurielle de l’intercompréhension des langues romanes. L’étude de deux manuels permet de rendre compte qu’au-delà de champs linguistiques pertinents où le latin aurait toute sa place pour expliciter des faits linguistiques, il faut considérer la perspective envisagée. Cette étude, bien que concentrée sur l’intercompréhension comme terrain pédagogique, permet, au sens plus large, d’ouvrir la réflexion quant à une didactique incluant latin et langues romanes au sein des approches plurielles. Cette étude permet d’entrevoir la possibilité d’un renouvellement du paradigme autour de l’apprentissage du latin au sein de la didactique du plurilinguisme.
Mots clefs
De l’intérêt de convoquer langues anciennes et vivantes à la table de l’élève pour lui enseigner la grammaire
- Samuel TURSIN
- p. 97–119
- publié en ligne le 07/01/2024
Résumé
Nous proposons de montrer comment les enseignements de langues vivantes et de langues anciennes s’enrichissent mutuellement. Nous étudierons plus particulièrement la façon dont le recours aux langues vivantes rend plus efficace la mémorisation de la grammaire latine. L’article s’appuie sur des constats effectués en classe, pendant plusieurs années, en cours de langues anciennes, auprès de collégiens. Il se veut le partage d’une expérience au cours de laquelle l’enseignant de langues anciennes s’efforce de faire du lien entre les connaissances linguistiques des langues vivantes et celles des langues anciennes, afin de stabiliser les apprentissages dans ces diverses disciplines. Une expérimentation ou une recherche serait à mener dans ce domaine pour une évaluation objective des résultats des activités décrites et des ressources proposées.
Mots clefs
Certifier un niveau de langue : dans quelle mesure le système d’évaluation en grec moderne pourrait-il être appliqué à l’enseignement du grec ancien ?
- Philippos KARAFERIAS
- p. 121–135
- publié en ligne le 21/12/2023
Résumé
Cet article vise à étudier l’application des méthodes d’apprentissage des langues modernes utilisées pour le grec moderne et à explorer leur applicabilité au grec ancien. En partant du niveau élémentaire de l’enseignement, et principalement du développement des compétences écrites, il tentera de présenter les perspectives possibles de création d’une échelle d’apprentissage correspondante pour le grec ancien.
Mots clefs
Autour de la version : conscience linguistique et transfert de pratiques entre l’anglais et le latin
-
Adrien BRESSON & Blandine DEMOTZ
- p. 137–150
- publié en ligne le 21/03/2024
Résumé
La divergence concernant les méthodes de version en langues vivantes et en langues anciennes, ainsi que les difficultés les plus récurrentes des étudiants dans le cadre de tels exercices a fait naître un dialogue fécond sur la nécessité non seulement d’une conscience linguistique, mais encore de transferts de pratiques pédagogiques.
Mots clefs
Varia
La traduction des expressions imagées : à l’épreuve du sens
-
Marie PLATON
- p. 153–169
- publié en ligne le 21/12/2023
Résumé
Comment inviter les étudiants à repenser leur approche de la traduction des textes antiques en dehors de l’exercice académique et tant redouté de la version latine ou grecque ? Nous proposons ici deux activités visant à amener les apprentis-traducteurs, sur la base d’une observation et d’une réflexion collectives, à définir eux-mêmes leur « cahier des charges » en fonction de la nature du texte-source et du public ciblé et à choisir la stratégie de traduction qui leur semble la plus apte à préserver le caractère insolite ou au contraire commun des expressions en version originale.
Mots clefs
Pétrone, Satiricon, LXI-LXIII : parcours d’écritures en 5e-4e (partie 2)
-
Albane KARADY
- p. 171–185
- publié en ligne le 15/02/2024
Résumé
Après la présentation d’un projet global proposant diverses activités d’écriture en français et en latin à partir des chapitres LXI à LXIII du Satiricon de Pétrone, dont nous avons précédemment développé une première piste dans le numéro précédent de cette revue, nous rendons compte ici d’une expérimentation conduite dans une classe de LCA de quatrième. Il s’agit d’une séance visant la traduction d’un bref passage afin de construire avec les élèves des apprentissages croisés autour de compétences de lecture et de réécriture. Nous les amenons à réfléchir à la pratique de la traduction et à ses enjeux, par le biais de l’immersion, de l’appropriation et de la manipulation de la langue (notamment du langage familier), en prenant appui sur diverses traductions que les élèves, à la suite d’autres avant eux, sont invités à apprécier pour apprendre à effectuer consciemment des choix pour leurs propres productions collectives.
Mots clefs
Lettres grecques, signes cunéiformes et troubles de l’apprentissage : quand le changement de système graphique aide les élèves à consolider leur acquisition de la lecture et de l’écriture
-
Thibaud NICOLAS
- p. 187–207
- publié en ligne le 21/12/2023
Résumé
Dans cet article, nous revenons sur une séquence menée parallèlement en classe de sixième et au sein d’un dispositif ULIS (comportant des élèves atteints de troubles de l’apprentissage, des fonctions cognitives ou du spectre autistique) au cours de laquelle les élèves ont été initiés à l’écriture cunéiforme et à l’alphabet grec. Les langues anciennes sont donc ici entendues dans un sens qui va au-delà des seules langues classiques (latin et grec ancien). Dans cette séquence, les élèves commencent par s’initier aux grands principes de la linguistique, sans pour autant recourir à des termes techniques. On leur fait d’abord identifier aux élèves ce qu’est à proprement parler une écriture, différente d’un simple code, avant de constater qu’il existe différents systèmes graphiques pour noter les sons. Partant de ces découvertes, les élèves travaillent leurs capacités d’assimilation et leur rapport au signifié autant qu’au système phonétique à travers deux activités : la réalisation d’une tablette cunéiforme et la manipulation de l’alphabet grec ancien. La navigation entre différents systèmes graphiques permet de travailler sur leur flexibilité cognitive, c’est-à-dire leur capacité à sortir, temporairement, des routines de réflexion antérieurement mises en place, ce qui permet, in fine, d’accroître leur autonomie et leur capacité à résoudre un problème nouveau. Les exercices de manipulation visent, en même temps, à développer la motricité fine et améliorer le geste grapho-moteur. Enfin, pour les élèves les plus habiles, on propose un travail sur l’étymologie et une ouverture sur les grandes notions techniques de la linguistique telles que la différence entre un phonème, une syllabe, celle entre un phonogramme et un idéogramme, la distinction entre code, parole, langue et langage ou même une approche du concept de signifiant/signifié.
Mots clefs
LCA et SVT : tenir la promesse du latin scientifique
-
David LOAEC
- p. 209–230
- publié en ligne le 21/12/2023
Résumé
Les cours de Langue et Culture de l’Antiquité (LCA), notamment en lycée, attirent les élèves grâce à des promesses qu’il faut bien tenir. Or, souvent, les cours de LCA ne ciblent pas des publics particuliers, ils ne s’adressent pas à leurs besoins spécifiques. En l’occurrence, les élèves qui se destinent à des carrières scientifiques souhaitent sortir du lycée avec des connaissances en langues anciennes qui soient structurantes et puissent leur servir d’appui dans leurs études. Il ne suffit donc pas de leur donner un simple bagage épistémologique ou lexical : il semble utile de leur donner des clés pratiques de l’usage du latin en sciences. En ce qui concerne les sciences du vivant, notamment les Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), on peut définir trois objectifs : connaître les raisons de l’usage du latin scientifique, connaître ses modalités et connaître les représentations imagées qui président à leur mise en œuvre. Comprendre pourquoi le latin reste une langue internationale, comment elle est pratiquée, et pourquoi l’on choisit tel ou tel mot, sont des bases importantes pour quiconque cherche à capitaliser sur son bagage de latiniste dans l’univers du postbac scientifique.

