Un carnet de vocabulaire trilingue (latin-grec-français) pour la vie
Résumé
Cet article présente l’élaboration d’un carnet de vocabulaire sur plusieurs années d’initiation aux langues anciennes en lycée. Son enjeu est de permettre de conserver la mémoire des racines de mots appris en cours qui sont présentes dans le vocabulaire français, pour enrichir durablement la culture de chaque élève. Cette démarche ouvre la perspective d’un carnet pour la vie qui pourrait être commencé plus tôt et qui se poursuivrait au-delà du lycée.
texte | bibliographie | notes | annexe | autrice | citation
Texte intégral
Le carnet des lycéens
Un constat d’enseignante en lettres classiques au lycée
Faire apprendre des listes de vocabulaire par cœur dans l’idée d’enrichir le lexique des élèves est une pratique ancestrale et récurrente dont j’ai pu constater l’inefficacité chez les élèves du secondaire. Si le « par cœur » peut avoir une utilité dans la maîtrise de la mémorisation, il n’est pas pertinent dans la maîtrise du vocabulaire. Pourquoi ? Parce que l’acquisition du vocabulaire se fait en contexte et que son réemploi se fait lui aussi en contexte. Les mots viennent à l’esprit parce qu’ils répondent à un besoin pour désigner une réalité ou une idée. Le lexique ne peut donc être détaché du contexte culturel dans lequel il a été rencontré. Cela implique la nécessité de faire retenir les mots au fur et à mesure de leur rencontre dans des textes variés.
Je ne peux, pour l’instant, que vous faire part de mon expérience au lycée, sur trois ans. En effet, étant le seul professeur de lettres classiques de mon établissement, le lycée Lucie Aubrac de Bollène dans le Vaucluse, j’ai la chance de garder les mêmes élèves pendant trois ans, de la seconde à la terminale. Le carnet de vocabulaire que nous mettons en place en seconde est enrichi pendant les trois années.
Le carnet de vocabulaire trilingue
Le principe est simple : les élèves se procurent un carnet, comme un ancien répertoire téléphonique, avec des onglets qui portent les lettres de notre alphabet. Comme ce carnet est bilingue (plus exactement trilingue, car au-delà des mots latins et grecs à connaître, il inclut aussi les mots français qui en proviennent), nous ajoutons aux onglets les lettres grecques, d’où l’intérêt d’avoir un support papier, car l’élève peut ainsi travailler sur les deux alphabets. Nous établissons des correspondances entre les sons et les lettres pour que les onglets, en alphabet latin, accueillent les lettres grecques. Nous inscrivons par exemple sur l’onglet du « o » l’omicron et l’oméga ; sur l’onglet du « e » l’êta et l’epsilon ; nous regroupons le khi avec le kappa ; le tau avec le thêta. L’ordre de l’alphabet grec n’est pas respecté et s’adapte à celui de l’alphabet latin qui est déjà inscrit sur le carnet.
Au fur et à mesure de l’étude de textes en latin ou en grec, puisque nous mettons en pratique, dans l’académie d’Aix-Marseille, un enseignement bilingue latin-grec, nous inscrivons quelques mots grecs ou latins qui donnent des mots en français. Le but n’est pas de réaliser un dictionnaire. Nous avons, en effet, des dictionnaires en ligne très performants comme bailly.app ou gaffiot.fr et j’habitue mes élèves à les utiliser régulièrement.
Il s’agit de noter dans ce carnet seulement les mots à l’origine du vocabulaire rencontré par les élèves dans les différentes matières qu’ils étudient (par exemple, l’adjectif λευκός [leucos] leur a permis de retenir en sciences naturelles leucocytes) ou bien des mots que l’on a appris à décomposer (par exemple, en latin, on peut décomposer conscience en con- + -science pour leur permettre d’approfondir ce concept philosophique). Les élèves sont ainsi incités à enrichir eux-mêmes leur carnet. Nous revoyons de temps en temps les mots inscrits, qui ne sont pas forcément les mêmes pour tous, selon les apports personnels.
La relecture du carnet se fait au moins une fois par trimestre et je demande aux élèves de cocher certains mots parmi les plus riches et les plus courants pour les faire réviser et réaliser un contrôle, ce qui implique un effort de mémorisation. Je réactive ainsi les connaissances en étymologie, d’autant plus que le carnet est conservé sur les trois années de lycée. Lors de ce contrôle, je donne le mot en latin ou en grec (toujours avec le génitif et le genre comme dans les dictionnaires) et les élèves en donnent le sens, et un ou deux mots français qui en proviennent. Cela implique de réaliser moi-même un carnet avec les mots étudiés, carnet dans lequel j’effectue une sélection que tous doivent avoir, même si, par ailleurs, les carnets sont remplis selon le bon vouloir des élèves ; mais ainsi, une base commune (et mémorisée) est garantie.
L’étude d’arbres à mots d’après les fiches « Lexique et culture » en accès libre sur Odysseum1 permet d’enrichir ce carnet, selon le plaisir des élèves.
Une présentation conforme à celle du dictionnaire
Pour des raisons d’efficacité pédagogique, ce carnet doit être complété conformément à ce que donne le dictionnaire de latin ou de grec, c’est-à-dire en reproduisant le nominatif, le génitif et le genre. C’est ainsi l’occasion de montrer comment fonctionne un dictionnaire et de rendre son utilisation habituelle par la révision régulière de ses codes. L’élève constate que les deux dictionnaires fonctionnent de la même façon pour présenter, en latin ou en grec, le nominatif, puis le génitif, qui permet d’identifier la déclinaison du nom. Les adjectifs sont donnés aux nominatifs masculin, féminin et neutre. Cela les entraîne à repérer les différentes classes grammaticales des mots, parce que la présentation de chacune d’elles est différente dans le dictionnaire (les adverbes n’ont qu’une seule forme et le dictionnaire donne l’abréviation « adv. » comme dans les dictionnaires de français). C’est un peu plus complexe pour les verbes, mais noter les temps primitifs latins et les différents radicaux ou formes des verbes grecs leur permet de comprendre pourquoi les mots français qui viennent du latin peuvent être en apparence différents : le verbe misco aboutit ainsi en français à mêler (qui vient plus précisément du latin miscere, selon le TLFi), mais aussi, par la voie savante, à mixture. Le verbe εὑρίσκω (« je trouve ») a permis de créer le mot français heuristique et son parfait ηὕρηκα (« j’ai trouvé »), le mot célèbre d’Archimède, a été conservé dans sa forme originale : eurêka. Avec les grands débutants en grec (ils le sont presque tous en seconde), je fais écrire, dans le carnet, les formes de la première, de la troisième personne du singulier et de la troisième personne du pluriel du présent de l’indicatif ainsi que la forme de l’infinitif présent, forme que j’ai fait ajouter récemment. Ce sont les formes que nous manipulons le plus dans les phrases de nos exercices de retraduction et j’ai besoin qu’ils les mémorisent rapidement. La mémorisation des formes grecques demande un peu plus d’habitude que celles du latin, car le changement d’alphabet ne facilite pas la mémorisation visuelle, du moins dans la première année. J’en ai fait moi-même l’expérience et je l’ai confirmée avec mes élèves.
Ce carnet est associé à une pratique écrite, par l’ajout de mots, et orale, par la relecture fréquente (les contrôles trimestriels mentionnés plus haut sont préparés par une relecture orale commune) et par la recherche de mots qui réapparaissent d’un texte à l’autre, mais qui ont été oubliés. Le carnet sert à réactiver la mémorisation. Il permet aussi d’entretenir les mécanismes de recherche de mots dans les dictionnaires pour comprendre des textes aussi bien latins, grecs que français. En effet, nous avons souvent besoin d’un dictionnaire français pour vérifier l’étymologie d’un terme, chercher des mots de la même famille, vérifier le sens aussi en français. Un dictionnaire français en ligne (comme celui du CNRTL) ou papier, comme le Robert, nécessite aussi un apprentissage particulier, pour son utilisation, de la part du professeur et de l’élève. L’intérêt des dictionnaires est qu’ils fonctionnent sur un même schéma dans leur façon de présenter les mots et l’article qui les définit. Mais il faut apprendre à repérer et à lire les codes utilisés. C’est ainsi que l’élève pourra devenir indépendant dans ses recherches et c’est ainsi, aussi, que les dictionnaires évoluent dans leur contenu pour mieux répondre aux attentes de leurs lecteurs. Or l’avantage des dictionnaires, c’est que ce sont des manuels qui assurent une continuité : utilisés par les parents, ils le sont aussi par les enfants et par les grands-parents ; et si l’on n’a pas de dictionnaire papier chez soi, ils sont maintenant en ligne et sont accessibles à tout moment, que ce soit pendant la scolarité ou la vie adulte.
Il faut donc être rigoureux dans la présentation des mots tels que le dictionnaire les donne. Mais ensuite, chaque élève peut avoir ses propres codes couleur, d’autant plus que tous ne viennent pas des mêmes écoles ou des mêmes collèges quand ils arrivent au lycée. Il est bien que chacun choisisse de mettre les mots grecs d’une couleur, les mots latins d’une autre et les mots français qui en proviennent d’une autre encore. On peut rajouter des expressions que l’on veut retenir. La fin du carnet pourrait servir aussi de mémento pour rappeler à quoi correspondent les formes données par le dictionnaire et quelques éléments grammaticaux indispensables à connaître.
Comme j’ai en cours des élèves qui apprennent les rudiments du latin et du grec, ils inscrivent en premier dans leur carnet le mot latin ou le mot grec, puis le ou les mots français qui en viennent. Il va de soi que, dans les classes de primaire ou de collège, où les élèves ne sont pas forcément latinistes ou hellénistes, il faudrait faire figurer dans le carnet d’abord le mot français en indiquant ensuite le mot grec ou latin dont il provient et trouver des mots de la même famille.
Ce qu’en disent les élèves et leur professeur
Voici les témoignages de quelques élèves de l’option ECLA (Enseignement Conjoint des Langues Anciennes) 2024–2025 en seconde :
Ce sont des mots que nous avons déjà appris, c’est bien de les retrouver.
Romain
Il faut conserver le carnet, il réactive la mémoire, et c’est bien de noter ce qui a été vu en contexte.
Raphaëlle
Il est bien de mettre le grec et le latin avec des couleurs différentes.
Théo
On peut le remplir individuellement et donner des exemples de mots français et d’expressions qui en viennent.
Onen
Tous s’accordent à penser qu’il est nécessaire qu’il soit petit pour rester constamment dans le cartable, à portée de main. Les élèves font d’eux-mêmes les rapprochements entre les racines grecques et latines qu’ils emploient et les mots qu’ils apprennent en sciences. Je stimule ces rapprochements par des exercices appropriés portant sur le vocabulaire médical : par exemple, cardiologie, pneumologie, otorhinolaryngologiste…
Voici les réflexions pédagogiques qui me sont venues à l’esprit suite aux expérimentations menées avec ce carnet. Les avantages sont soulignés par les élèves, et renforcés par les contrôles qui permettent de revenir sur les acquis dans un temps assez long de trois ans pour la plupart des élèves. La limite de cette pratique est le temps à lui consacrer : c’est une activité qui peut vite devenir chronophage, car il faut prendre le temps de faire noter correctement les mots, surtout au début, lors de la mise en œuvre du carnet en seconde. Il faut ensuite s’y tenir même si les élèves peuvent noter par eux-mêmes les mots qui leur semblent importants. Nous avons eu tendance à privilégier le grec au détriment du latin, surtout avec les mots scientifiques, nombreux à être pour eux nouveaux au lycée. Ils sont très demandeurs pour en connaître la provenance. Il faut penser à remplir le carnet régulièrement, même pour n’y insérer qu’un mot ou deux, et souvent ce temps-là manque.
Un carnet dès l’école primaire et pour la vie
Pour l’extension de ce carnet à toute la scolarité de l’élève dès l’école primaire
La scolarité en primaire est un moment important de l’enrichissement du vocabulaire, car l’enfant découvre des matières différentes à un moment où sa mémoire, tout en éveil, absorbe avec précision toutes les nouveautés. De plus, il a un seul référent, son maître ou sa maîtresse, qui lui enseigne des mots dans des contextes différents : sciences, histoire, littérature, grammaire, etc. Le langage qu’emploie l’enseignant ou l’enseignante est le lien entre toutes ces mises en contexte des mots. Il est le référent de la langue. Or, sa formation, qui est, à ce moment, pauvre du point de vue de l’étude de l’histoire de la langue et des racines latines et grecques, lui donne rarement les moyens de montrer le lien que les mots ont entre eux. J’ai pu constater que montrer le lien, c’est lutter contre le sentiment d’une orthographe arbitraire et difficile, c’est permettre une acquisition plus raisonnée et facilitée. En effet, la maîtrise du français est le fondement de l’acquisition des connaissances dans toutes les matières parce qu’elle est la langue d’enseignement. Si les élèves perçoivent que la leçon d’histoire où ils vont rencontrer, par exemple, le mot « château » fait écho aux noms propres rencontrés en géographie, comme Castelnaudary, parce qu’ils sont tous les deux formés sur le mot latin castellum (qui signifie « château fort » mais aussi « réservoir », d’où « château d’eau »), ils prendront conscience des liens qui existent entre les mots et cela excitera leur curiosité et facilitera une mémorisation active et efficace.
C’est le point essentiel dans l’acquisition du lexique que de donner envie d’enrichir son vocabulaire. Il ne s’agit pas de tout faire apprendre, mais de donner la curiosité d’apprendre, parce que le monde des mots est un univers passionnant, qui ouvre sur l’espace et l’histoire. Il faut donner les outils pour un enrichissement qui durera toute la vie.
Il serait indispensable, donc, que le professeur des écoles soit, comme le professeur de lettres classiques tel qu’il est perçu au collège, « un référent, celui qui fait du lien entre les différents enseignements de langues2 ». D’autant plus que l’enseignement d’une ou plusieurs langues vivantes en primaire offre de multiples occasions de tisser du lien entre les mots grâce aux racines latines et grecques3.
Un support indispensable sur papier
Or le lexique savant a besoin d’être revu pour être acquis et si l’on veut stimuler la curiosité des élèves pour les mots nouveaux, il leur faut un support, un lieu où entreposer leurs richesses, les mots qu’ils auront découverts. Je sais que les supports dématérialisés offrent de nombreuses possibilités et l’on peut trouver des applications qui permettent de stocker les mots appris. Ce n’est pas par nostalgie du bon vieux temps que je préconise la mise en place d’un carnet sur papier et rempli manuscritement. Je pense qu’il est essentiel que la main de l’élève trace les lettres des mots nouveaux, car j’ai pu constater à maintes reprises que la lenteur de l’écriture manuscrite facilite la mémorisation. L’écriture manuscrite personnalise le carnet, qui peut être décoré, elle permet ainsi un attachement affectif à cet objet qu’il faudrait conserver à vie. Vous l’avez compris, il s’agit, pour l’instant, du souhait de la pédagogue que je suis, de voir arriver des élèves dans mon lycée qui auraient conservé leur carnet de vocabulaire commencé en primaire et qu’ils auraient enrichi au collège. Quel trésor ce serait et quelle continuité ! L’élève prendrait ainsi conscience qu’il s’enrichit, qu’il s’élève au fur et à mesure de sa scolarité et que les connaissances dites élémentaires sont toujours d’actualité, car il aura appris comment chercher les mots et connaître leur origine. La finalité est, bien sûr, l’autonomie et la capacité à apprendre par soi-même. Le carnet de vocabulaire pour la vie serait un bel outil de lien entre l’enfant qu’on est et l’adulte qu’on devient, entre les langues et les matières, entre le passé et le présent de la langue, un lien qui donne du sens et de l’autonomie. Et l’on peut rêver en pensant qu’il sera plus tard un bel outil de transmission d’une génération à l’autre lorsque les parents montreront à leurs enfants leur carnet de vocabulaire pour la vie.
Conclusion
L’instauration de ce carnet de vocabulaire pour la vie est une activité motivante pour les élèves. Ils savent qu’ils ne continueront pas l’option latin ou grec après le baccalauréat et ils ont conscience que ce carnet sera davantage qu’un souvenir, car il renferme ce qu’ils auront voulu retenir et ce qui leur sert dans toutes les matières. On mémorise parce qu’on relit, on retrouve ce que l’on a déjà vu. Le carnet permet de retrouver et de mémoriser efficacement les mots rencontrés parce qu’il est un lieu de stockage qui a une histoire et un lieu de redécouverte dès qu’on l’ouvre. Le fait qu’ils puissent choisir les mots qu’ils inscrivent est motivant ; ils s’approprient leurs recherches. L’activité qui consiste à chercher dans un dictionnaire en ligne est attractive. Les téléphones mobiles, autorisés pour cette utilisation pédagogique, offrent la possibilité d’utiliser facilement un clavier grec pour taper le mot dans la barre de recherche du Bailly en ligne4. Ainsi la recherche d’un mot devient-elle ludique et son report dans le carnet avec un code couleur personnalisé, motivant.
Ce rêve de continuité ouvre sur de nouvelles pratiques pédagogiques (apprendre l’alphabet grec dès l’école primaire, par exemple) et incite à faire très tôt dialoguer le lexique de toutes les langues apprises à l’école5 pour développer le goût des mots et conduire sur les voies de l’émancipation intellectuelle.
Bibliographie
Colloques internationaux de didactique et de pédagogie – Viva voce : « Les méthodes actives dans l’enseignement des langues anciennes », Maison méditerranéenne des Sciences de l’Homme, CNRS-TDMAM, Aix-en-Provence, organisés par Pedro Duarte et Divna Soleil en 2023, par Pedro DUARTE en 2024.
Collectif, « Fiches Lexique et culture », Odysseum, en ligne sur https://odysseum.eduscol.education.fr/fiches-lexique-et-culture (consulté le 06/08/2025).
Samuel Tursin, « De l’intérêt de convoquer langues anciennes et vivantes à la table de l’élève pour lui enseigner la grammaire », Revue de pédagogie des langues anciennes, 2, 2023–2024, p. 97–119, mis en ligne le 07/01/2024.
Les ouvrages cités ci-dessous présentent des pratiques nouvelles d’apprentissage du latin et du grec, pratiques fondées sur des pratiques orales et d’appropriation des élèves. Les collections du label pédagogique des Belles Lettres, La vie des Classiques, sont résolument tournées vers ces pratiques dans un souci de démocratisation de l’accès aux langues anciennes, à leur culture et aux liens qui unissent le grec et le latin à toutes les langues européennes. Ces ouvrages ont prolongé ma réflexion sur l’acquisition du vocabulaire et contribué à l’enrichir.
Aguilar Maria Luisa & Tarrega Jorge, Via Latina, De lingua et vita Romanorum, Cultura Clásica, 2022.
Cassard Amandine & Chantal Laure de, De Aenea in Inferis, Enée aux Enfers, La vie des Classiques, 2021.
Chantal Laure de & Bellissime Marion, Ἀθηνᾶ θεά, Divine Athéna, La vie des Classiques, 2023.
Diana Guillaume & Flores Dorian, Γράφω, J’écris en grec ancien, La vie des Classiques, 2023.
Fourgeaud-Laville Caroline, Eurêka, mes premiers pas en Grèce antique, La vie des Classiques, 2022.
Pruvost Jean, 100 mots latins pour bien écrire 1000 mots français, La vie des Classiques, 2024.
Notes
- https://odysseum.eduscol.education.fr/fiches-lexique-et-culture (consulté le 06/08/2025). ↩︎
- Samuel Tursin, « De l’intérêt de convoquer langues anciennes et vivantes à la table de l’élève pour lui enseigner la grammaire », Revue de pédagogie des langues anciennes, 2, 2023–2024, p. 97–119, mis en ligne le 07/01/2024. ↩︎
- Je ne peux qu’encourager fortement une réelle formation sur les racines latines et grecques dans les Instituts Nationaux du Professorat et de l’Éducation. Sans vouloir faire des professeurs des écoles de futurs enseignants de lettres classiques, il tombe sous le sens qu’ils devraient recevoir un enseignement approfondi sur la formation du vocabulaire du français, langue dont ils enseignent les fondements. Je développe ce point dans la conclusion de ma thèse consultable en ligne : Marielle Paul-Barba, Une histoire du binôme conflictuel latin-français dans l’enseignement secondaire en France du XVIIIe au XXe siècle, sous la direction de Pierre Judet de La Combe, EHESS. ↩︎
- Mais si on ne connaît pas cette possibilité, il suffit d’utiliser le code bêta, qui consiste à taper avec le clavier habituel, mais en utilisant d’autres lettres pour les lettres grecques particulières : on tape « w » pour « ω », par exemple. ↩︎
- Ce carnet pour la vie stimule les compétences des élèves non seulement en français, mais dans les langues étrangères en général (compétence plurilingue mise à l’honneur dans le CECRL). ↩︎
Annexe : photographies
Les photographies ci-dessous montrent différents états dans la prise en note des mots, car la deuxième photographie, par exemple, est issue d’un carnet plus ancien. J’ai dû adapter les consignes données aux élèves pour présenter les mots latins ou grecs : à l’origine, elles étaient fondées sur ce qu’on trouve dans les manuels. Par exemple, les verbes, dans ces ouvrages, étaient généralement présentés de la façon suivante : amo, as, are, avi, atum ; c’est pédagogiquement fonctionnel parce que le radical du présent est donné en premier et suivi de ceux du parfait puis du supin. Or, les dictionnaires en ligne n’ont pas du tout adopté cet ordre. On trouve ainsi : amo, amavi, amatum, are. Le radical du présent se trouve scindé au début et à la fin, ce qui pose des problèmes de lecture et d’identification aux élèves. Mais j’ai été obligée de leur demander d’écrire comme dans le dictionnaire pour qu’ils puissent se servir de ces formes telles qu’elles étaient données. Il faudrait revoir cette présentation choisie par les dictionnaires en ligne qui, à mon sens, n’est pas pédagogique.
Autrice
Marielle Paul-Barba, enseignante au lycée Lucie Aubrac, Bollène (Vaucluse), docteure en sciences du littéraire de l’EHESS.
Pour citer cet article
Marielle Paul-Barba, « Un carnet de vocabulaire trilingue (latin-grec-français) pour la vie », Revue de pédagogie des langues anciennes, 3, 2025, p. 93–103, publié en ligne le 06 octobre 2025.




