Certifier un niveau de langue : dans quelle mesure le système d’évaluation en grec moderne pourrait-il être appliqué à l’enseignement du grec ancien ?



Résumé

Cet article vise à étu­dier l’application des méthodes d’apprentissage des langues modernes uti­li­sées pour le grec moderne et à explo­rer leur appli­ca­bi­li­té au grec ancien. En par­tant du niveau élé­men­taire de l’enseignement, et prin­ci­pa­le­ment du déve­lop­pe­ment des com­pé­tences écrites, il ten­te­ra de pré­sen­ter les pers­pec­tives pos­sibles de créa­tion d’une échelle d’apprentissage cor­res­pon­dante pour le grec ancien.

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Texte intégral

Dès 1998, la langue grecque moderne (et son ensei­gne­ment en tant que langue étran­gère ou langue seconde) a été ins­crite dans la loi sur la créa­tion d’un diplôme qui cer­ti­fie la connais­sance de la langue aux dif­fé­rents niveaux sur un plan euro­péen com­mun, comme pour presque toutes les langues euro­péennes1. Ce cadre euro­péen com­mun de réfé­rence pour les langues (CECRL) orga­nise l’apprentissage de la langue en six niveaux carac­té­ri­sant l’apprenant en tant qu’utilisateur élé­men­taire (niveaux A1-A2), indé­pen­dant (niveaux B1-B2) et expé­ri­men­té (niveaux C1-C2), tan­dis que l’approche sui­vie est prin­ci­pa­le­ment com­mu­ni­ca­tive2.

Or, cette idée géné­rale de gra­da­tion du niveau de langue ne s’est jamais déve­lop­pée dans les langues dites « anciennes », qui conti­nuent d’être ensei­gnées dans les écoles et les uni­ver­si­tés du monde entier, selon une méthode tra­di­tion­nelle qui donne la prio­ri­té à l’apprentissage de la gram­maire et à la tra­duc­tion des textes3. Si bien que les per­sonnes ayant appris le grec ancien ne sont en géné­ral pas capables de com­mu­ni­quer dans cette langue, ni même de la lire de manière fluide. Certes, ces der­nières années, des efforts ont été faits par les uni­ver­si­tés et les auteurs de méthodes d’apprentissage des langues anciennes pour déve­lop­per une approche déri­vée de l’enseignement des langues vivantes ; mais ces ten­ta­tives sont spo­ra­diques et méri­te­raient d’être orga­ni­sées de manière plus sys­té­ma­tique.

Cet article vise à expo­ser l’application des méthodes d’apprentissage des langues modernes et à explo­rer leur appli­ca­bi­li­té au grec ancien. Le maté­riel d’étude pro­vient de la néces­si­té d’enseigner les com­pé­tences écrites au niveau élé­men­taire du grec moderne. Enfin, nous expo­se­rons une pro­po­si­tion d’examen conçue spé­ci­fi­que­ment pour le grec ancien, en pre­nant en compte les par­ti­cu­la­ri­tés lin­guis­tiques propres à cette langue.

Les compétences écrites du niveau élémentaire : quels sont les objectifs possibles pour le grec ancien ?

Dans un pre­mier temps, nous nous pro­po­sons d’analyser les prin­ci­paux objec­tifs cog­ni­tifs au niveau de la com­pré­hen­sion de l’écrit qui ont été fixés pour le niveau débu­tant (A1), c’est-à-dire pour les élèves adultes ayant étu­dié la langue grecque moderne pen­dant près d’un an et de pré­sen­ter par des exer­cices-exemples un cadre d’apprentissage cor­res­pon­dant pour le grec ancien.

Les objectifs pédagogiques du niveau élémentaire

Les objec­tifs péda­go­giques, tels que pré­sen­tés par le Centre de la Langue Grecque pour le niveau A1 de grec moderne, sont ini­tia­le­ment divi­sés en quatre com­pé­tences lan­ga­gières que chaque can­di­dat doit déve­lop­per : la com­pré­hen­sion orale, la com­pré­hen­sion écrite, l’expression/production orale et l’expression/production écrite4. Plus spé­ci­fi­que­ment pour la com­pé­tence de com­pré­hen­sion écrite, c’est-à-dire la capa­ci­té à lire et à com­prendre prin­ci­pa­le­ment un texte de niveau élé­men­taire, les objec­tifs pré­sen­tés sont résu­més dans le tableau ci-des­sous.

Concernant la com­pré­hen­sion écrite (pour les adultes et les ado­les­cents [12+]) pour le niveau A1, le can­di­dat :
- doit être capable de recon­naître les lettres de l’alphabet, majus­cules et minus­cules, ain­si que des mots et des phrases simples ;
- doit être capable de com­prendre le sens géné­ral d’un texte simple, d’une lettre (infor­melle) ou d’une carte et de devi­ner le sens de cer­tains mots incon­nus à par­tir du contexte du texte ;
- doit être capable de suivre le déve­lop­pe­ment d’une his­toire courte et simple et être capable de suivre des ins­truc­tions écrites courtes et simples, sur­tout s’il y a un sup­port visuel (récits illus­trés, cartes, images, uti­li­sa­tions d’objets, etc.).

Acquérir ces objec­tifs n’est cer­tai­ne­ment pas une tâche facile car l’apprenant doit d’abord maî­tri­ser la gram­maire, qui, dans le cas du grec (ancien et moderne), reste la plus grande dif­fi­cul­té, et le voca­bu­laire : le can­di­dat doit être fami­lia­ri­sé avec la for­ma­tion des mots et leur inclu­sion dans le contexte com­mu­ni­ca­tif.

Pour cette rai­son, le Centre de la Langue Grecque a créé des « situa­tions de com­mu­ni­ca­tion », c’est-à-dire qu’il a défi­ni les contextes de com­mu­ni­ca­tion pour les­quels le can­di­dat, selon le niveau, est obli­gé de pou­voir par­ler, dis­cu­ter, écrire et com­prendre toute réfé­rence écrite et audio. Ceux-ci s’inscrivent dans une échelle de dif­fi­cul­té et partent de la capa­ci­té du can­di­dat à pré­sen­ter des infor­ma­tions de base sur lui-même et des infor­ma­tions de base sur le pays dans lequel il vit, tan­dis qu’au plus haut niveau sont obli­ga­toires les dis­cus­sions et des textes concer­nant des ques­tions contem­po­raines telles que la vio­lence à l’école ou la sous-esti­ma­tion des femmes. De plus l’apprenant entre sou­vent en contact avec des réfé­rences lit­té­raires et his­to­riques de dif­fé­rentes époques. Ainsi, les langues vivantes ont réus­si à éta­blir un niveau de voca­bu­laire spé­ci­fique à chaque can­di­dat en fonc­tion de son niveau de com­pé­tence.

Au contraire, l’enseignement des phé­no­mènes gram­ma­ti­caux n’a pas été défi­ni en détail pour chaque niveau. Néanmoins, les nom­breuses méthodes d’enseignement (plus ou moins modernes ain­si que les manuels offi­ciels du Centre de la Langue Grecque5) ont cor­rec­te­ment déli­mi­té les phé­no­mènes gram­ma­ti­caux pour chaque niveau.

En même temps, la rela­tion langue-culture joue un rôle cen­tral dans l’apprentissage de toute langue vivante. La fonc­tion d’une langue est inex­tri­ca­ble­ment liée à la culture qui la pro­duit, et la culture est une com­po­sante néces­saire de la com­mu­ni­ca­tion. Comme Humboldt l’écrit, « la langue n’est pas un libre pro­duit de l’homme indi­vi­duel, elle appar­tient tou­jours à toute une nation ; en elle éga­le­ment, les géné­ra­tions plus récentes la reçoivent des géné­ra­tions qui les ont pré­cé­dées6 ». Pour que chaque can­di­dat réponde avec suc­cès aux cir­cons­tances d’utilisation et aux fonc­tions de la langue, outre les bons choix lin­guis­tiques en termes de gram­maire, de syn­taxe et de voca­bu­laire, la connais­sance des élé­ments socio­cul­tu­rels de la langue est requise. Par consé­quent, en ce qui concerne la Grèce, le can­di­dat doit connaître des élé­ments de la vie quo­ti­dienne en Grèce, les condi­tions de vie, cer­taines cou­tumes domi­nantes et les com­por­te­ments sociaux les plus carac­té­ris­tiques des membres de la socié­té. Ces savoirs cultu­rels sont contrô­lés indi­rec­te­ment, par la façon dont le can­di­dat uti­lise la langue à l’écrit et à l’oral7.

Avant de pas­ser à l’analyse lin­guis­tique d’un exemple pour voir com­ment tout ce qui pré­cède fonc­tionne au niveau lin­guis­tique, exa­mi­nons la typo­lo­gie des exer­cices et leurs exi­gences. Cette com­pé­tence com­prend prin­ci­pa­le­ment quatre types d’exercices qui n’obligent pas le can­di­dat à répondre par des phrases com­plètes. Les textes dans leur ensemble comptent envi­ron 350 à 400 mots, tan­dis que les can­di­dats dis­posent de 30 minutes pour répondre.

  • 1. Exercice « Vrai ou Faux » : À pro­pos d’un texte de 120 mots, le can­di­dat doit clas­ser sept phrases selon qu’elles sont vraies ou fausses, sans jus­ti­fier sa réponse.
  • 2. Exercice « cor­res­pon­dance d’expressions » : Dans un texte de 90 mots, il y a six phrases dans la colonne A cor­res­pon­dant aux phrases de la colonne B. Il est deman­dé au can­di­dat de faire cor­res­pondre les phrases des colonnes A et B afin de for­mer des phrases séman­ti­que­ment cor­rectes.
  • 3. Exercice « choix mul­tiples » : quatre affir­ma­tions sont don­nées à lire à pro­pos d’un texte de 90 mots. Pour cha­cune, le can­di­dat doit choi­sir par­mi trois réponses.
  • 4. Exercice « rem­plir les blancs » : Dans un texte de 90 mots, il y a quatre blancs à com­plé­ter alors que les réponses, don­nées dans un tableau, sont au nombre de six, dont deux sont donc fausses.

Analyse des exigences linguistiques d’une question de compréhension écrite au niveau élémentaire

Il s’agira ici d’analyser, en fonc­tion des objec­tifs fixés ci-des­sus, l’exercice à choix mul­tiple issu des exa­mens de l’année 20168. La struc­ture du texte peut être simple, mais elle contient toutes les fonc­tions de la langue qu’un appre­nant débu­tant doit connaître.

Ερώτημα 3 (6 μονάδες)

Η Μαρία πρέπει να φύγει από το σπίτι της. Δεν προλαβαίνει να κάνει μερικές δουλειές. Αφήνει αυτό το σημείωμα στον άντρα της τον Δημήτρη. Τι λένε οι οδηγίες ; Σημειώνετε με √ την σωστή απάντηση (α, β, γ), όπως στο παράδειγμα.
Προσέξτε : Κάθε ερώτημα έχει μόνο μια (1) σωστή απάντηση.

Δημήτρη Καλημέρα,
Έφυγα νωρίς το πρωί ! Πρέπει να πάω στην Κόρινθο. Είναι άρρωστη η μαμά μου. Μπορείς να κάνεις αυτά που σου γράφω ;
1. Πήγαινε στο ταχυδρομείο, για να πληρώσεις έναν λογαριασμό. Άφησα έναν φάκελο με χρήματα πάνω στο τραπέζι στην κουζίνα.
2. Το τηλέφωνο χάλασε. Το μαγαζί με τα ηλεκτρικά είναι πολύ κοντά. Μπορείς να το πας εκεί, για να το φτιάξουν ; Θα βρεις την διεύθυνση σε ένα χαρτί στο ψυγείο.
3. Δεν πήγα για ψώνια. Πήγαινε στο μανάβικο και πάρε μερικά κολοκυθάκια και λίγες μελιτζάνες.
4. Η Αθηνά πρέπει να είναι στο γυμναστήριο στις 6 το απόγευμα. Πήγαινε την εσύ. Σε παρακαλώ, μην αργήσεις !
Φιλιά,
Μαρία
  • 0) Η Μαρία (παράδειγμα)
    • α) ήρθε νωρίς το πρωί
    • β) θα πάει στην Κόρινθο 
    • γ) είναι άρρωστη
  • 1) Ο Δημήτρης πρέπει να
    • α) πάει στην τράπεζα 
    • β) πληρώσει έναν λογαριασμό
    • γ) αγοράσει ένα φάκελο
  • 2) Στο μαγαζί με τα ηλεκτρικά, ο Δημήτρης
    • α) θα αφήσει το τηλέφωνο
    • β) θα πάρει τηλέφωνο 
    • γ) θα αγοράσει ψυγείο
  • 3) Ο Δημήτρης θα αγοράσει
    • α) κρέας
    • β) ψωμί 
    • γ) λαχανικά
  • 4) Ο Δημήτρης
    • α) θα πάει την Αθηνά στο γυμναστήριο
    • β) θα είναι στο γυμναστήριο το μεσημέρι
    • γ) θα αργήσει στην δουλειά του

Traduction en fran­çais9 :

Question 3 (6 points)
Maria doit quit­ter sa mai­son. Elle n’a pas le temps de faire cer­taines tâches quo­ti­diennes. Elle laisse ce mot à son mari Dimitri. Que disent les ins­truc­tions ? Marquez avec √ la bonne réponse (a, b, c), comme dans l’exemple.
Remarque : Chaque ques­tion n’a qu’une (1) bonne réponse.
Bonjour Dimitri,
Je suis par­tie tôt le matin ! Je dois aller à Corinthe. Ma mère est malade. Peux-tu faire ce que j’écris dans la note ?
1. Va à la poste pour payer une fac­ture. J’ai lais­sé une enve­loppe avec de l’argent sur la table de la cui­sine.
2. Le télé­phone est tom­bé en panne. Le maga­sin d’électroménager est très proche. Peux-tu l’y appor­ter pour qu’ils le réparent ? Tu trou­ve­ras l’adresse sur une note sur le fri­go.
3. Je ne suis pas allée faire du shop­ping. Va à l’épicerie et achète des cour­gettes et des auber­gines.
4. Athéna doit être à la salle de sport à 18h. Tu dois l’emmener. S’il te plaît ne sois pas en retard !
Bisous,
Maria
  • 0) Maria (exemple)
    • a) est venue tôt le matin
    • b) va à Corinthe
    • c) est malade
  • 1) Dimitris doit
    • a) aller à la banque
    • b) payer une fac­ture
    • c) ache­ter une enve­loppe
  • 2) Dimitris au maga­sin d’électroménager
    • a) lais­se­ra le télé­phone
    • b) va ache­ter un télé­phone
    • c) achè­te­ra un fri­go
  • 3) Dimitris achè­te­ra
    • a) de la viande 
    • b) du pain 
    • c) des légumes
  • 4) Dimitris
    • a) emmè­ne­ra Athéna à la salle de sport 
    • b) sera à la salle de sport à midi
    • c) sera en retard au tra­vail

Quelles struc­tures de la langue grecque le can­di­dat doit-il connaître pour répondre à cette ques­tion ? De manière géné­rale, il faut une connais­sance glo­bale de tous les objec­tifs requis pour le niveau débu­tant. Partant de la struc­ture de la langue ain­si que de la gram­maire, on observe une large uti­li­sa­tion des formes ver­bales de tous les temps et modes que le can­di­dat doit connaître pour com­prendre si la phrase qu’il lit appar­tient au pré­sent, au pas­sé ou au futur. Les ins­truc­tions de Maria contiennent des verbes au pas­sé (aoriste, sur­li­gnés en vert clair) et au futur (sur­li­gnés en vert fon­cé), tan­dis que le pré­sent est don­né sous forme de verbes au sub­jonc­tif (enca­drés) ou à l’impératif (sou­li­gnés). Par consé­quent, une excel­lente connais­sance des temps et de leur for­ma­tion en grec moderne est néces­saire pour que le can­di­dat puisse dans un pre­mier temps recon­naître les verbes uti­li­sés. Comme le grec moderne n’a pas d’infinitif, on donne tou­jours la pre­mière per­sonne du sin­gu­lier au pré­sent de la voix active (ou de la voix médio-pas­sive dans le cas où le verbe n’a pas de voix active) afin qu’il puisse ensuite les tra­duire et com­prendre le sens de la phrase. La com­po­si­tion de ces phrases dépend éga­le­ment de l’utilisation de pré­po­si­tions et d’autres classes de mots telles que les adverbes, qui rendent sou­vent la com­pré­hen­sion dif­fi­cile.

Passant à la par­tie du voca­bu­laire, nous remar­quons d’abord que chaque ins­truc­tion que Maria donne à son mari pro­vient métho­di­que­ment d’une uni­té thé­ma­tique dif­fé­rente que le can­di­dat devait étu­dier. Ainsi, la pre­mière ins­truc­tion fait par­tie de la sec­tion thé­ma­tique des ser­vices publics/d’administration, la deuxième et la troi­sième dans la caté­go­rie des achats quo­ti­diens et de la com­mu­ni­ca­tion avec les employés, tan­dis que la qua­trième est dans la sec­tion de la vie quo­ti­dienne. De plus, le voca­bu­laire de base de chaque sec­tion est uti­li­sé de telle manière que, en conjonc­tion avec les ques­tions qui uti­lisent sou­vent des syno­nymes ou des termes d’une famille de mots plus large (par exemple courgettes/aubergines → légumes), on voit clai­re­ment si les can­di­dats ont com­pris toute la gamme des exi­gences lin­guis­tiques de la phrase. À ce stade, il convient de sou­li­gner l’importance de la capa­ci­té des appre­nants d’une langue à recon­naître les syno­nymes et les anto­nymes et à les uti­li­ser de manière appro­priée à l’écrit. Enfin, au niveau de la com­pé­tence écrite, la capa­ci­té du can­di­dat à com­prendre et à s’exprimer dans des formes élé­men­taires de la langue écrite, comme dans l’exemple le type de note som­maire écrite à une per­sonne proche, est essen­tielle.

Les attendus didactiques et pédagogiques de la certification de grec ancien

En nous basant sur la méthode de cer­ti­fi­ca­tion du grec moderne dans le Cadre euro­péen com­mun de réfé­rence pour les langues, nous essaie­rons de voir si cette méthode peut aus­si s’appliquer au grec ancien. On va donc pré­sen­ter une étude de cas de la com­pré­hen­sion écrite en grec ancien pour le niveau élé­men­taire.

Cependant, avant de pas­ser à la par­tie pra­tique, il convient de se réfé­rer aux objec­tifs péda­go­giques de cette cer­ti­fi­ca­tion. Qu’attendons-nous d’un can­di­dat qui étu­die le grec ancien depuis un ou deux ans ? Selon les exi­gences propres à chaque niveau, en ce qui concerne la com­pré­hen­sion écrite, le can­di­dat doit :

  • être capable de com­prendre le fonc­tion­ne­ment de la langue et ses struc­tures de base, connaître par exemple les élé­ments fon­da­men­taux du sys­tème ver­bal et maî­tri­ser les prin­cipes d’une langue à décli­nai­son ;
  • pou­voir lire10 (ora­le­ment) et com­prendre des phrases simples ou un texte ancien (authen­tique ou non) et recon­naître ses idées cen­trales ;
  • tra­duire un texte authen­tique (ou non) court et acces­sible ;
  • maî­tri­ser des élé­ments de culture lit­té­raire, his­to­rique et artis­tique et être capable de s’exprimer par écrit avec des struc­tures gram­ma­ti­cales et syn­taxiques simples sur ces élé­ments.

Parmi les objec­tifs qui viennent d’être évo­qués pour le niveau débu­tant, il convient de men­tion­ner en par­ti­cu­lier deux d’entre eux et les pro­blèmes qu’ils posent prin­ci­pa­le­ment à ce jour lors de l’apprentissage d’une langue ancienne. Il s’agit de la sélec­tion des textes à exa­mi­ner en com­bi­nai­son avec la ques­tion de la tra­duc­tion et leur réso­nance cultu­relle. À notre avis, le choix des textes joue un rôle impor­tant si l’on veut ten­ter d’enseigner les langues anciennes comme des langues vivantes. Il existe une grande contro­verse par­mi les ensei­gnants quant à savoir si les textes ensei­gnés à un appre­nant à un niveau com­plè­te­ment débu­tant doivent être authen­tiques ou for­gés. L’argument contre les textes for­gés est qu’ils privent l’apprenant des élé­ments cultu­rels véhi­cu­lés par une langue, notam­ment une langue ancienne11. L’argument contre les textes authen­tiques est qu’il est absurde d’initier l’apprenant dès le début de son contact avec une langue, à des textes d’un niveau lin­guis­tique éle­vé, dans le seul but de pro­duire une tra­duc­tion ou une ana­lyse de Platon, par exemple, pour les intro­duire à la phi­lo­so­phie antique. Avec ce point de vue vient tou­jours l’argument qu’en langues vivantes, on ne donne jamais pour ana­lyse, par exemple, un texte de C. Dickens pen­dant les pre­mières années d’enseignement d’anglais ou un poème de C. Baudelaire en fran­çais pour que l’élève se fami­lia­rise avec la langue et la culture d’un pays.

Notre pro­po­si­tion pour l’enseignement du grec ancien se situe à mi-che­min entre ces points de vue. Après avoir accep­té dans un pre­mier temps la sépa­ra­tion des textes ensei­gnables en trois caté­go­ries – les textes authen­tiques, les textes for­gés et les textes semi-authen­tiques, c’est-à-dire les textes authen­tiques qui font l’objet de modi­fi­ca­tions lin­guis­tiques (ou d’abrègement) afin de ne pas gêner leur com­pré­hen­sion par les élèves –, nous recom­man­dons l’intégration dans l’enseignement de ces trois caté­go­ries en fonc­tion du niveau de chaque appre­nant. C’est-à-dire que nous ne sommes pas oppo­sés à l’utilisation de textes for­gés pour le niveau élé­men­taire, qui seront reliés à une uni­té thé­ma­tique de l’Antiquité afin de satis­faire l’exigence d’un apport cultu­rel et his­to­rique. Ainsi, au fur et à mesure que l’apprenant se fami­lia­rise avec les dif­fi­cul­tés de la langue, il rejoin­dra len­te­ment des textes semi-authen­tiques d’auteurs (qui peuvent d’abord être vus comme des textes paral­lèles à ana­ly­ser ou à lire) jusqu’à atteindre les niveaux C1 et C2, où le contact avec des textes authen­tiques sera désor­mais la règle12. De nom­breux manuels d’apprentissage du grec ancien ont com­men­cé à s’orienter dans cette direc­tion13, ce qui peut s’étendre à la cer­ti­fi­ca­tion lin­guis­tique, comme cela se fait non seule­ment avec le grec moderne mais aus­si avec la plu­part des langues euro­péennes.

Enfin, en ce qui concerne la ques­tion de la tra­duc­tion, cela ne devrait pas être la condi­tion pre­mière pour com­prendre un texte, sur­tout au niveau que nous exa­mi­nons. L’apprenant doit avoir le niveau de voca­bu­laire néces­saire pour com­prendre la phrase ou le texte qu’il lit. L’évaluation des ses connais­sances se fait au mieux par les exer­cices de com­pré­hen­sion qui accom­pagnent le texte et non par la pro­duc­tion d’une tra­duc­tion sco­laire dans la langue mater­nelle de l’apprenant. Des exer­cices du type que nous avons étu­dié plus haut pour le grec moderne ou encore des exer­cices à réponses courtes suf­fisent à l’examinateur pour com­prendre le niveau de chaque can­di­dat. Après tout, de tels exer­cices sont éga­le­ment sug­gé­rés par les volumes d’accompagnement du manuel Athenaze14 et les exer­cices qui accom­pagnent les textes du manuel Alexandros suivent aus­si cette méthode d’enseignement.

Deux exemples d’examen de compréhension écrite pour le niveau élémentaire

Nous nous pro­po­sons à pré­sent de pré­sen­ter deux exer­cices qui pour­raient consti­tuer un maté­riel d’examen pour la com­pré­hen­sion de l’écrit. Supposons donc que, comme en grec moderne, cette com­pé­tence se com­pose de quatre ques­tions avec des textes et que l’exercice qui accom­pagne cha­cune soit d’un type et d’un niveau de langue dif­fé­rents. Supposons éga­le­ment que toutes les ques­tions portent sur une pro­blé­ma­tique com­mune, dont nous ver­rons dif­fé­rents aspects dans chaque texte. Nous abor­de­rons donc ici la ques­tion de l’éducation des jeunes Athéniens. La pre­mière ques­tion contien­dra un texte for­gé (tiré ici du manuel Alexandros15) qui parle des épo­pées homé­riques comme texte cen­tral de l’enseignement de l’écriture et de la lec­ture aux enfants dans l’Antiquité. Les can­di­dats devront com­plé­ter un texte à trous, à l’aide d’images. Le deuxième exer­cice contient un texte semi-authen­tique qui vient du Protagoras de Platon (325c-326c16) et fait réfé­rence à l’éducation des jeunes à Athènes. Nous pro­po­sons ici un exer­cice de « Vrai ou Faux ».

Question A
Lisez le texte sur les épo­pées homé­riques et les rhap­sodes et com­plé­tez les blancs avec le numé­ro de l’image qui cor­res­pond au der­nier mot écrit.


Ἡμεῖς μανθάνομεν ἀναγιγνώσκειν _________ τὰ τῶν ποιητῶν ἔργα καὶ λέγομεν τοὺς στίχους αὐτῶν ἄνευ πινακίου _________ καὶ ἄνευ βιβλίου. Ὁ Ὅμηρος ὁ μέγιστος ποιητής ἐστι καὶ ἀναγιγνώσκομεν τὰ αὐτοῦ ἔργα· τὴν Ἰλιάδα τε καὶ τὴν Ὀδύσσειαν. Χαλεπὸν δή ἐστι λέγειν τὰ Ὁμηρικὰ ἄνευ βιβλίου. Καλοὶ μαθηταί ἐσμεν, καὶ μανθάνομεν εὖ, ἐπειδὴ ἀγαθός ἐστιν ὁ διδάσκαλος.
Οἱ ῥαψῳδοὶ καὶ λέγουσι τὰ τοῦ Ὁμήρου ἄνευ βιβλίων. Πολλοὶ δὲ τῶν ῥαψῳδῶν οὐχ ὁρῶσι τὸν ἥλιον _________, ἐπειδὴ τυφλοί _________ εἰσιν. Ὀφθαλμοὺς μὲν ἔχουσιν, ἀλλ’ οὐχ ὁρῶσιν. Ὁ δὲ ῥαψῳδὸς _________ ἔχει σκῆπτρον, ᾧ παίει τὴν γῆν ἐν ᾧ χρόνῳ περιπατεῖ.

Traduction du texte en fran­çais17 :

Nous appre­nons à lire _________ les œuvres des poètes et nous réci­tons leurs vers sans tablette _________ ni livre. Homère est le plus grand poète et nous lisons ses œuvres, l’Iliade et l’Odyssée. Il est dif­fi­cile de réci­ter les épo­pées homé­riques sans livre. Mais nous sommes de bons élèves et nous appre­nons faci­le­ment car le maître est bon.
Les rhap­sodes récitent même les épo­pées d’Homère sans livre. Beaucoup de rhap­sodes ne voient pas le soleil _________, car ils sont aveugles _________. Ils ont des yeux, mais ils ne voient pas. Le rhap­sode _________ a un bâton avec lequel il frappe le sol quand il marche.

Question B
Lisez le texte et écri­vez le mot « Vrai « ou le mot « Faux « à côté de chaque phrase. Ιl n’est pas néces­saire de jus­ti­fier votre réponse.

Ἐν Ἀθήναις τοὺς παῖδας διδάσκουσι καὶ νουθετοῦσι. Πρῶτον μὲν καὶ τροφὸς καὶ μήτηρ καὶ παιδαγωγὸς καὶ αὐτὸς ὁ πατὴρ ἐπιμελοῦνται ὅπως βέλτιστος γενήσεται ὁ παῖς, διδάσκοντες ὅτι τὸ μὲν δίκαιον, τὸ δὲ ἄδικον καὶ τόδε μὲν καλόν, τόδε δὲ αἰσχρόν ἐστι. Εἶτα δέ, ἐπειδὰν οἱ παῖδες εἰς ἡλικίαν ἔλθωσιν, οἱ γονεῖς εἰς διδασκάλων πέμπουσιν, ἔνθα οἱ μὲν γραμματισταὶ ἐπιμελοῦνται ὅπως γράμματα μάθωσιν, οἱ δὲ κιθαρισταὶ τῷ κιθαρίζειν τὰς τῶν παίδων ψυχὰς πρὸς τὸν ῥυθμὸν καὶ τὴν ἁρμονίαν οἰκειοῦσι. Ἔτι οἱ παῖδες ἐν γυμνασίοις καὶ παλαίστραις φοιτῶσιν, ἔνθα οἱ παιδοτρίϐαι βελτίω τὰ σώματα αὐτῶν ποιοῦσι.

1. Ἐν Ἀθήναις ἡ τροφὸς τῷ κιθαρίζειν τοὺς παῖδας νουθετεῖ.
2. Οἱ γονεῖς ἐπιμελοῦνται ὅπως βέλτιστος γενήσεται ὁ παῖς.
3. Οἱ γραμματισταὶ μανθάνουσιν τοὺς παῖδας γράμματα.
4. Οἱ παιδοτρίϐαι τὰς τῶν παίδων ψυχὰς πρὸς τὴν ἁρμονίαν οἰκειοῦσι.
5. Ἐν γυμνασίοις ὁ παιδαγωγὸς τοὺς παῖδας διδάσκει.

Traduction du texte en fran­çais

À Athènes, on éduque et ins­truit les enfants. D’abord la nour­rice et la mère et l’éducateur et le père lui-même veillent à ce que l’enfant devienne très bon en lui appre­nant ce qui est juste et ce qui est injuste, et ce qui est beau et ce qui est laid. Plus tard, lorsque les enfants atteignent l’âge vou­lu, les parents les envoient chez les maîtres, où les pro­fes­seurs d’écriture et de lec­ture veillent à ce qu’ils apprennent à écrire, et les citha­ristes en jouant de la cithare fami­lia­risent les âmes des enfants avec le rythme et l’harmonie. Les enfants fré­quentent éga­le­ment les gym­nases et les palestres, où les pro­fes­seurs de gym­nas­tique ren­forcent leur corps.

1. À Athènes, la nour­rice ins­truit les enfants en jouant de la lyre.
2. Les parents veillent à ce que l’enfant devienne très bon (le meilleur).
3. Les pro­fes­seurs d’écriture et de lec­ture apprennent aux enfants à écrire.
4. Les pro­fes­seurs de gym­nas­tique fami­lia­risent les âmes des enfants avec le rythme et l’harmonie.
5. L’éducateur enseigne aux enfants dans les gym­nases.

Quelles conclu­sions pou­vons-nous tirer de cette pre­mière ten­ta­tive de créa­tion d’une uni­té d’examen pour le grec ancien ? D’abord on peut dire que la com­pré­hen­sion de la langue, bien qu’ancienne, ne dif­fère en rien de la ges­tion de n’importe quelle autre langue vivante. Ce qui change, ce sont les textes, dont les uni­tés thé­ma­tiques doivent tou­jours viser à tes­ter la connais­sance lin­guis­tique du can­di­dat, en rela­tion avec une ques­tion liée à l’Antiquité. De plus, nous sommes conscients que les textes lit­té­raires ne doivent pas être une source de dif­fi­cul­té pour les appre­nants ; au contraire, leur intro­duc­tion doit se faire de manière pro­gres­sive en pas­sant par des formes sim­pli­fiées. L’interactivité lin­guis­tique des exer­cices joue aus­si un rôle déter­mi­nant dans le déve­lop­pe­ment des com­pé­tences lan­ga­gières. Le rem­pla­ce­ment de la tra­duc­tion dans la mesure du pos­sible par des exer­cices qui favo­risent l’exploration de la langue devrait être une pré­oc­cu­pa­tion majeure pour les ensei­gnants. L’utilisation du voca­bu­laire enfin, par le biais de syno­nymes et d’antonymes, et l’enseignement de la fonc­tion syn­taxique des mots doivent être intro­duites de manière à ce que l’apprenant puisse com­prendre com­ment il peut for­mu­ler une phrase en uti­li­sant des struc­tures lin­guis­tiques dif­fé­rentes.

Conclusion

En conclu­sion, cet article a pré­sen­té une nou­velle approche pour l’enseignement de la langue grecque. Tout d’abord, l’intégration du grec ancien dans un pro­ces­sus de cer­ti­fi­ca­tion est un outil utile pour per­mettre à chaque appre­nant de déter­mi­ner son niveau en grec ancien. Les exemples pré­sen­tés peuvent être éten­dus aux autres com­pé­tences, même pour celles dont la démarche d’examen est com­plexe. La cer­ti­fi­ca­tion per­met­trait ain­si de consi­dé­rer la phase ancienne de la langue grecque comme une langue vivante et non seule­ment comme un moyen de tra­duire et de com­prendre la lit­té­ra­ture ancienne.

De plus, la cer­ti­fi­ca­tion pour­rait être asso­ciée aux pré­cieux efforts déployés ces der­nières années par de nom­breux pro­fes­seurs de langues anciennes pour don­ner une nou­velle dyna­mique à l’enseignement du grec ancien et sus­ci­ter l’intérêt des étu­diants. Enfin, un effort orga­ni­sé pour trai­ter les langues anciennes comme des langues vivantes offri­rait la pos­si­bi­li­té d’un contact avec la langue et sa culture à tra­vers les siècles à ceux qui sou­haitent l’aborder en dehors des ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires.


Bibliositographie

Bibliographie

Manuels

Avila Mario Díaz, Alexandros : to Hellenikon Paidion, Granada, Cultura Clásica, 2014.

Balme Maurice, Lawall Gilbert, Miraglia Luigi, Borri Tommaso Francesco (éd.), Athenaze, Introduzione al Greco Antico, Parte I, Montella (Avellino), Edizioni Accademia Vivarum Novum, 2009.

Barbone Alessandro, Quaderno de eser­ci­zi per Athènaze I, volume I, cap. I‑VIII, Montella (Avellino), Edizioni Accademia Vivarum Novum, 2019.

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Martinez Santiago Carbonel, Λόγος, Ελληνική Γλώσσα Αυτοεικονογραφημένη (Logos, Lingua Graeca per se illus­tra­ta), Granada, Cultura Clásica, 2023.

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Études scientifiques

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Sitographie

Anonyme, « Cadre euro­péen com­mun de réfé­rence pour les langues (CECRL) », Eduscol, juillet 2021 ; dis­po­nible en ligne sur : https://​edus​col​.edu​ca​tion​.fr/​1​9​7​1​/​c​a​d​r​e​-​e​u​r​o​p​e​e​n​-​c​o​m​m​u​n​-​d​e​-​r​e​f​e​r​e​n​c​e​-​p​o​u​r​-​l​e​s​-​l​a​n​g​u​e​s​-​c​e​crl (consul­té le 27/02/2023).

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Notes

  1. Concernant l’établissement du cer­ti­fi­cat de réus­site en grec moderne et les décrets pré­si­den­tiels qui défi­nissent son for­mat, voir Anonyme, « Establishment of the Certificate of Attainment in Greek », Portal for The Greek Language, dis­po­nible en ligne sur : https://​www​.greek​-lan​guage​.gr/​g​r​e​e​k​L​a​n​g​/​c​e​r​t​i​f​i​c​a​t​i​o​n​/​0​2​.​h​tml (consul­té le 27/02/2023). ↩︎
  2. Pour les cor­res­pon­dances de chaque niveau de langue, voir Anonyme, « Cadre euro­péen com­mun de réfé­rence pour les langues (CECRL) », Éduscol, dis­po­nible en ligne sur : https://​edus​col​.edu​ca​tion​.fr/​1​9​7​1​/​c​a​d​r​e​-​e​u​r​o​p​e​e​n​-​c​o​m​m​u​n​-​d​e​-​r​e​f​e​r​e​n​c​e​-​p​o​u​r​-​l​e​s​-​l​a​n​g​u​e​s​-​c​e​crl (consul­té le 27/02/2023). ↩︎
  3. Néanmoins, ces der­nières années, la com­mu­nau­té uni­ver­si­taire a acti­ve­ment recher­ché l’oralité de la langue grecque ancienne. ↩︎
  4. Anonyme, « A1- για εφήβους και ενηλίκους », Κέντρο Ελληνικής Γλώσσας, dis­po­nible en ligne sur : https://​www​.greek​-lan​guage​.gr/​c​e​r​t​i​f​i​c​a​t​i​o​n​/​n​o​d​e​/​9​7​.​h​tml (consul­té le 1/03/2023). ↩︎
  5. La série de manuels ΚΛΙΚ στα ελληνικά (niveau Α1-Γ1) est la série recom­man­dée par le Centre de la Langue Grecque et est basée sur les prin­cipes de la didac­tique moderne, culti­vant simul­ta­né­ment toutes les com­pé­tences de com­mu­ni­ca­tion. ↩︎
  6. Humbolt Wilhelm, Sur le carac­tère natio­nal des langues et autres écrits sur le lan­gage, Paris, Points Seuil, 2000 [1828], p. 97. ↩︎
  7. Pour la com­pé­tence cultu­relle dans le CECRL, voir Spaëth Valérie, Le concept de « langue-culture » et ses enjeux contem­po­rains dans l’enseignement/apprentissage des langues, com­mu­ni­ca­tion pré­sen­tée au col­loque inter­na­tio­nal « L’enseignement de l’arabe en Israël et en France ; l’enseignement de l’hébreu dans le monde arabe : des regards croi­sés », Il-Il YATSIV, Tel Aviv/Kfar Saba, Israël, 15 jan­vier 2014, pp. 8–11. ↩︎
  8. Voir Δαγκοπουλοσ Παναγιώτης, Κοντα Ειρήνη et Παπαρσενη-Παπαευσταθιου Άννα (éd.), Εξεταστικά θέματα πιστοποίησης επάρκεια της Ελληνομάθειας 2015–1018, Θεσσαλονίκη, γλῶσσαν νωμᾶν, 2019, pp. 182–183. ↩︎
  9. Je cite ma propre tra­duc­tion de l’exercice en fran­çais. ↩︎
  10. Pour l’importance de la lec­ture des textes anciens par les appre­nants et la néces­si­té de prio­ri­ser les exi­gences lin­guis­tiques voir Augé Dominique, Refonder l’enseignement des langues anciennes : Le défi de la lec­ture. Grenoble, UGA Éditions, Didaskein, 2019 [2013], pp. 43–80 ; dis­po­nible en ligne sur : https://​books​.ope​ne​di​tion​.org/​u​g​a​e​d​i​t​i​o​n​s​/​1​317 (consul­té le 20/03/2023). ↩︎
  11. Pour les cri­tères essen­tiels de sélec­tion des textes anciens authen­tiques voir Ko Mireille, « Enseigner les langues anciennes aujourd’hui ? » Babylonia, 02, 2012, p. 79 ; dis­po­nible en ligne sur http://babylonia.ch/fileadmin/user_upload/documents/2012–2/Baby2012_2ko.pdf (consul­té le 21/03/2023). ↩︎
  12. En ce qui concerne les dif­fé­rentes phases lin­guis­tiques du grec, qui ont évo­lué depuis l’Antiquité jusqu’à la forme actuelle de la langue grecque, il est recom­man­dé d’opter pour le dia­lecte attique dans les niveaux élé­men­taires. Par la suite, au fur et à mesure que la dif­fi­cul­té des textes aug­mente, l’apprenant appro­fon­di­ra la plu­part des variantes de la langue grecque, telles qu’elles se sont créées au fil des siècles. ↩︎
  13. Voir les manuels Balme Maurice, Lawall Gilbert, Miraglia Luigi, Borri Tommaso Francesco (éd.), Athenaze, Introduzione al Greco Antico, Parte I, Montella (Avellino), Edizioni Accademia Vivarum Novum, 2009, Avila Mario Díaz, Alexandros : to Hellenikon Paidion, Granada, Cultura Clásica, 2014 et Martinez Santiago Carbonel, Λόγος, Ελληνική Γλώσσα Αυτοεικονογραφημένη (Logos, Lingua Graeca per se illus­tra­ta), Granada, Cultura Clásica, 2023 qui s’appuient sur l’utilisation de textes for­gés pour sou­te­nir l’enseignement du grec ancien. Accompagnées d’un riche sup­port d’exercices et d’images, ces deux méthodes consti­tuent un outil utile pour défi­nir une pre­mière clas­si­fi­ca­tion des niveaux de connais­sance du grec ancien. ↩︎
  14. Barbone Alessandro, Quaderno de eser­ci­zi per Athènaze I, volume I, cap. I‑VIII, Montella (Avellino), Edizioni Accademia Vivarum Novum, 2019 et Consoli Carmelo, Μελετήματα, Montella (Avellino), Edizioni Accademia Vivarum Novum, 2002. ↩︎
  15. Avila, 2014, pp. 69–70. ↩︎
  16. Le texte est tiré du manuel de grec ancien de la pre­mière année du col­lège en Grèce. Voir Μπεζαντακοσ Νικόλαος, Παπαθωμασ Αμφιλόχιος, Λουτριανακη Ευαγγελία, Χαραλαμπακοσ Βασίλειος (éd.), Αρχαία Ελληνική Γλώσσα, Α΄ Γυμνασίου, Αθήνα, Ινστιτούτο Τεχνολογίας Υπολογιστών και Εκδόσεων “Διόφαντος”, 2016, Ενότητα 2. ↩︎
  17. Je cite aus­si ma propre tra­duc­tion du texte en fran­çais. On peut ici noter que la tra­duc­tion n’est don­née que pour notre confort de lec­ture mais pas à l’élève qui passe la cer­ti­fi­ca­tion. ↩︎

Auteur

Philippos Karaferias, Doctorant de l’Université Grenoble Alpes (UMR Litt&Arts) en Langues et Civilisations de l’Antiquité.


Pour citer cet article

Philippos Karaferias, « Certifier un niveau de langue : dans quelle mesure le sys­tème d’évaluation en grec moderne pour­rait-il être appli­qué à l’enseignement du grec ancien ? », Revue de péda­go­gie des langues anciennes, 2, 2023–2024, p. 121–135, mis en ligne le 23/12/2023.

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