Modo antiquo scribere : pratiques d’é​cri​ture imitative en cours de latin



Résumé

Comment per­mettre un enga­ge­ment actif des élèves dans l’ap​pren​tis​sage des langues anciennes sans néces­sai­re­ment recou­rir aux méthodes audio-orales ou au tra­di­tion­nel thème gram­ma­ti­cal ? Le pré­sent article s’ef​force d’ap​por​ter une réponse à tra­vers la pré­sen­ta­tion de quatre acti­vi­tés d’é​cri​ture à contrainte pro­po­sées à des lati­nistes débu­tants ou confir­més. L’objectif pour­sui­vi est triple : l’ac​qui​si​tion de nou­velles struc­tures syn­taxiques, la fami­lia­ri­sa­tion avec les ou-tils métho­do­lo­giques usuels (en par­ti­cu­lier le dic­tion­naire de ver­sion latine), et enfin, l’ap​pro​pria​tion d’œuvres lit­té­raires et patri­mo­niales à tra­vers l’i​mi​ta​tion ou la trans­po­si­tion géné­rique.

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Texte intégral

On observe actuel­le­ment un regain d’in​té​rêt de la part des pro­fes­seurs de langues anciennes du col­lège jus​qu’au supé­rieur pour les méthodes d’ap​pren​tis​sage audio-orales ins­pi­rées des tra­vaux du pro­fes­seur Hans H. Ørberg ou encore de Claude Fiévet à l’u​ni​ver​si​té de Pau et des Pays de l’Adour. Toutefois, en dépit de l’at​trait indé­niable qu’elles sus­citent, la mise en œuvre de ces méthodes, dans l’en​sei​gne​ment secon­daire comme en classes pré­pa­ra­toires, se heurte encore à un cer­tain nombre de dif­fi­cul­tés autant maté­rielles que psy­cho­lo­giques : horaires réduits empê­chant une réelle immer­sion des élèves dans la langue étu­diée, manque d’as​su​rance des ensei­gnants qui craignent de s’ex​po​ser à com­mettre des fautes de gram­maire ou de pro­non­cia­tion, réti­cences des élèves for­més à des méthodes plus tra­di­tion­nelles à prendre la parole en classe… Mais si faire par­ler tous nos élèves en latin ou en grec ancien relève encore lar­ge­ment de l’u​to​pie, faut-il s’in​ter​dire pour autant de les faire rédi­ger dans la langue ancienne qu’ils étu­dient et dont ils s’ef​forcent patiem­ment d’as​si​mi​ler la syn­taxe et le lexique à tra­vers la lec­ture de textes en V​.​O. ?

En effet, les acti­vi­tés d’é​cri​ture, s’ins​cri​vant dans un temps plus long que l’é​change oral spon­ta­né, favo­risent le tra­vail col­lec­tif, auto­risent les repen­tirs, les rec­ti­fi­ca­tions voire l’en​ri​chis​se​ment pro­gres­sif de la pro­duc­tion écrite et, par là même, peuvent per­mettre de libé­rer l’ex​pres​sion et la créa­ti­vi­té des élèves tout en faci­li­tant l’ap​pro​pria​tion des textes, la mémo­ri­sa­tion du lexique et l’as​si​mi​la​tion des struc­tures idio­ma­tiques. Force est pour­tant de consta­ter qu’il s’a​git là d’une piste péda­go­gique encore insuf­fi­sam­ment exploi­tée dans le cadre du cours de langues anciennes. En effet, comme l’a fait remar­quer Pierre Chiron dans l’a​vant​-pro​pos de son Manuel de rhé­to­rique, à l’in​verse des pra­tiques édu­ca­tives en vigueur dans l’Antiquité, notam­ment les pro­gym­nas­ma­ta, cen­trées sur la praxis(en l’oc​cur​rence la pro­duc­tion per­son­nelle et l’in​ter​pré​ta​tion orale de petits textes), l’en​sei​gne​ment fran­çais actuel « favo­rise » sur­tout « la récep­tion, la lec­ture cri­tique (l’ex​pli​ca​tion de texte) au détri­ment de la pro­duc­tion de mes­sages »1. Ainsi, l’exer​cice de tra­duc­tion assor­ti d’un com­men­taire plus ou moins détaillé du texte lit­té­raire antique occupe une place cen­trale dans nos pra­tiques, à la fois moyen et fina­li­té de tout appren­tis­sage res­pec­table du latin et du grec. Parallèlement, l’exer​cice de thème, long­temps consi­dé­ré comme le com­plé­ment natu­rel de la tra­duc­tion – les deux étant sou­vent envi­sa­gés en dip­tyque à tra­vers des « thèmes d’i​mi​ta​tion » ou des « rétro­ver­sions » – a dis­pa­ru de l’en​sei​gne​ment secon­daire car jugé obso­lète et trop « tech­nique ». À l’u​ni​ver​si​té, il reste doré­na­vant le pré car­ré des hap­py fewspé­cia­li­sés dans les lettres clas­siques. Comment, dans ces condi­tions, rendre pos­sible un enga­ge­ment actif des élèves ain­si qu’un réin­ves­tis­se­ment des acquis gram­ma­ti­caux autant que lexi­caux ? L’écriture per­son­nelle « libre » – bien que sou­mise à diverses contraintes for­melles préa­la­ble­ment fixées par le pro­fes­seur – peut jus­te­ment four­nir cette alter­na­tive ludique et sti­mu­lante à l’exer​cice aca­dé­mique et for­ma­té du thème gram­ma­ti­cal, à condi­tion de s’ins​crire dans les objets d’é​tude au pro­gramme et d’être ados­sée aux textes lit­té­raires étu­diés dont elle consti­tue l’un des pro­lon­ge­ments didac­tiques pos­sibles.

Les acti­vi­tés décrites ici visent un triple objec­tif : l’ac​qui​si​tion de nou­velles struc­tures syn­taxiques, la fami­lia­ri­sa­tion avec les outils métho­do­lo­giques usuels (en par­ti­cu­lier le dic­tion­naire de ver­sion latine), et enfin, l’ap​pro​pria​tion d’œuvres lit­té­raires et patri­mo­niales à tra­vers l’i​mi​ta​tion ou la trans­po­si­tion géné­rique (telle que la trans­for­ma­tion d’un récit en dia­logue). Ces objec­tifs sont bien enten­du conjoints, mais pour les com­mo­di­tés de notre expo­sé, l’ac​cent sera mis suc­ces­si­ve­ment sur cha­cune de ces trois fina­li­tés, illus­trée à chaque fois par une expé­ri­men­ta­tion péda­go­gique conduite avec des groupes de lati­nistes grands débu­tants de pre­mière année de classe pré­pa­ra­toire. Nous tâche­rons au sur­plus de sug­gé­rer, au fil de notre déve­lop­pe­ment, quelques pistes d’ex​ploi​ta​tion pour per­mettre l’a​dap​ta​tion éven­tuelle des acti­vi­tés pro­po­sées à d’autres niveaux de for­ma­tion.

Écrire pour s’ap​pro​prier des structures syntaxiques : rejouer la joute poétique entre Florus et Hadrien

Dans le cadre du pro­gramme de culture antique 2020–2022 consa­cré à la thé­ma­tique du « pou­voir », nous avons pro­po­sé l’an pas­sé à une classe d’hy​po​khâgne LSH d’é​tu​dier un extrait de l’Histoire auguste(16.3−4) rela­tant la réponse spi­ri­tuelle de l’em​pe​reur Hadrien à une épi­gramme du poète Florus dont il était la cible :

Floro poe­tae scri­ben­ti ad se :
ego nolo Caesar esse,
ambu­lare per Brittanos,
lati­tare per Germanos
Scythicas pati prui­nas
Au poète Florus qui lui écri­vait :
Moi, je ne veux pas être César,
Errer par­mi les Bretons,
Me cacher par­mi les Germains,
Endurer les fri­mas de la Scythie,
<Hadrianus> res­crip­sit :
ego nolo Florus esse,
ambu­lare per taber­nas,
lati­tare per popi­nas,
culices pati rutun­dos.
Il répon­dit :
Moi, je ne veux pas être Florus
Errer par­mi les tavernes,
Me cacher par­mi les bobi­nards,
Endurer les mous­tiques bouf­fis.
ad, inv., prép. + Acc. : vers, à, près de
ambu­lo, as, are: se pro­me­ner, aller, mar­cher
Brittani, orum, m. : les Bretons
Caesar, aris, m. : César, empe­reur
culex, icis, m. : mous­tique
Florus, i, m. : Florus
Germanus, i, m. : Germain
lati­to, as, are: être caché, se cacher
nolo, non uis, nolle, nolui: ne pas vou­loir, refu­ser
patior, eris, i, pas­sus sum: sup­por­ter, souf­frir, endu­rer
popi­na, ae, f. : taverne, caba­ret
prui­na, ae, f. : gelée blanche, neige
res­cri­bo, is, ere, scrip­si, scrip­tum: répondre par écrit
rotun­dus, a, um(rut-) : rond, arron­di
scri­bo, is, ere, scrip­si, scrip­tum: écrire
Scythicus, a, um: Scythe
taber­na, ae, f. : bou­tique, taverne

L’extrait était four­ni aux étu­diants assor­ti d’une liste de voca­bu­laire, mais sans la tra­duc­tion. Après une brève contex­tua­li­sa­tion his­to­rique, nous nous sommes d’a​bord livrés à cer­taines obser­va­tions gram­ma­ti­cales sur le texte latin (iden­ti­fi­ca­tion du cas du groupe Floro poe­tae scri­ben­ti, repé­rage des verbes conju­gués et des infi­ni­tifs actifs et dépo­nents, de la dis­jonc­tion adjectif/nom : Scythicas… prui­nas; culices… rotun­dos) puis à quelques hypo­thèses sur le sens et la tona­li­té de ces deux pièces poé­tiques : la reprise exacte des verbes et pré­po­si­tions du pre­mier poème illustre le sens de l’hu​mour et de la repar­tie d’Hadrien, tan­dis que la sub­sti­tu­tion des lieux de plai­sir (taber­nas, popi­nas) au voca­bu­laire géo­gra­phique des confins (Brittanos, Germanos, Scythicas) – écho aux nom­breux voyages de l’em​pe​reur – pro­duit un ren­ver­se­ment comique et pré­pare la chute de l’é​pi​gramme, le seul dan­ger auquel sa vie de débauche expose le cita­din et séden­taire Florus se trou­vant être les piqûres de mous­tiques ! L’anecdote illustre ain­si la com­pli­ci­té et la fami­lia­ri­té taquine entre les deux hommes mal­gré leur dif­fé­rence de condi­tion. Une fois ces obser­va­tions faites, le texte, qui ne pré­sente pas de dif­fi­cul­té syn­taxique majeure en dehors des phé­no­mènes de dis­jonc­tion déjà repé­rés, est rapi­de­ment tra­duit par les étu­diants.

Cette phase d’é​tude du texte-sup­port occupe la pre­mière demi-heure du cours. L’étape sui­vante, à laquelle est dévo­lu le reste de la séance (30 minutes envi­ron), peut alors com­men­cer. La consigne don­née aux étu­diants est libel­lée comme suit : « À la manière de l’em​pe​reur Hadrien (mais en chan­geant les verbes à l’in​fi​ni​tif et leurs com­plé­ments), pro­po­sez une réécri­ture per­son­nelle du poème de Florus. Vous rem­pla­ce­rez le nom Caesar/Floruspar celui d’une per­sonne de votre choix tout en ayant soin de res­pec­ter la construc­tion directe de l’in​fi​ni​tif avec nolo. Le tra­vail peut être réa­li­sé indi­vi­duel­le­ment ou bien en binôme sur le mode du duel poé­tique ».

L’objectif était non seule­ment de s’ap​pro​prier la construc­tion des verbes de volon­té avec l’in​fi​ni​tif (actif, déponent et pas­sif) mais éga­le­ment de réin­ves­tir le voca­bu­laire vu au cours du pre­mier semestre que cette séance venait clore. L’expérience a cepen­dant révé­lé qu’il était pré­fé­rable de pré­voir une banque de mots2afin d’é​vi​ter que les étu­diants ne res­tent trop long­temps blo­qués ou encore ne soient ten­tés d’u​ti​li​ser des tra­duc­tions fau­tives trou­vées sur inter­net. De sur­croît, le choix du lexique en amont per­met au pro­fes­seur d’o​rien​ter dis­crè­te­ment le tra­vail des élèves en met­tant l’ac​cent sur les notions gram­ma­ti­cales qu’il sou­haite voir réin­ves­ties dans la pro­duc­tion écrite (on peut par exemple pri­vi­lé­gier les verbes dépo­nents, les noms appar­te­nant à la troi­sième décli­nai­son, etc.).

Ce sont les tra­vaux effec­tués en binôme qui ont don­né les meilleurs résul­tats. Les deux amies Jeanne et Lucile se sont ain­si prê­tées au jeu des poèmes croi­sés et ont com­po­sé ce facé­tieux dip­tyque, dont elles ont four­ni elles-mêmes une tra­duc­tion :

Lucilae scri­ben­ti ad se :
Ego nolo Ioanna esse,
esse nuda et sine ami­cis,
iocum nar­rare et sola ridere,
Lucilae pati fabu­las.
À Lucile qui lui écri­vait :
Moi je ne veux pas être Jeanne,
être nue et sans amis,
racon­ter une blague et rire toute seule,
sup­por­ter les his­toires de Lucile.
Rescripsit :
Ego nolo Lucila esse,
sem­per cadere,
esse fatua in ludo,
aegra esse sicut canis.
Elle répon­dit :
Moi je refuse d’être Lucile,
de tom­ber tout le temps,
de faire l’i​diote à l’é​cole,
d’être malade comme un chien.

Si jamais l’on craint que l’exer​cice de réécri­ture ne vire par trop au règle­ment de compte lit­té­raire entre cama­rades de classe (même si c’est là l’es​prit de l’é​pi​gramme sati­rique !), il est tout à fait pos­sible pour le pro­fes­seur d’en modi­fier le cadrage. L’extrême sim­pli­ci­té de la forme et de la syn­taxe confère en effet au poème de Florus une grande plas­ti­ci­té qui lui per­met de s’in​sé​rer dans toutes sortes de thé­ma­tiques d’é​tude. On peut ain­si ima­gi­ner, dans le cadre d’une séquence sur la vie quo­ti­dienne, de rem­pla­cer les noms Florus et Caesar par des noms de métiers (gla­dia­tor/auri­ga, ath­le­ta/phi­lo­so­phus, medi­cus/mer­ca­tor, nau­ta/agri­co­la, augur/harus­pex, magis­ter/dis­ci­pu­lus…) ou encore des caté­go­ries sociales (domi­nus/ser­vus, pater­fa­mi­lias/matro­na, senex/puer…). Dans le cadre d’une séquence consa­crée aux voyages ou bien au monde médi­ter­ra­néen, la cible du poème peut être cette fois non un indi­vi­du pré­cis mais un peuple (Gallus, Germanus, Romanus, Poenus, Graecus, Persa…), ce qui per­met de jouer en même temps sur les sté­réo­types eth­niques en vogue dans l’Antiquité : la bar­ba­rie ger­maine, la per­fi­die car­tha­gi­noise, le raf­fi­ne­ment des Grecs, l’o​pu​lence des Perses, etc. Enfin, on peut trans­for­mer l’exer​cice en occa­sion de revi­si­ter l’his​toire de Rome à tra­vers ses couples anti­no­miques les plus célèbres : Énée et Didon, Romulus et Rémus, Scipion et Hannibal, Cicéron et Catilina, César et Pompée, Antoine et Auguste, Néron et Sénèque… Le tra­vail de réécri­ture sur le texte de Florus per­met ain­si de mobi­li­ser et de réin­ves­tir non seule­ment des acquis gram­ma­ti­caux et lexi­caux mais éga­le­ment de syn­thé­ti­ser des connais­sances his­to­riques et cultu­relles. À ce titre, il trouve natu­rel­le­ment sa place en fin de séquence ou de période sco­laire.

Écrire pour s’ap​pro​prier des outils méthodologiques : quand Phèdre, Virgile et César rencontrent Félix Gaffiot !

L’activité sui­vante a été pro­po­sée à des étu­diants de pre­mière année de classe pré­pa­ra­toire à l’École Nationale des Chartes dans le cadre d’un cours de thème latin du pre­mier semestre. Elle pour­sui­vait un double objec­tif : d’une part la conso­li­da­tion de cer­tains réflexes lin­guis­tiques (en par­ti­cu­lier, l’at​ten​tion por­tée aux accords gram­ma­ti­caux en thème) et d’autre part la fami­lia­ri­sa­tion des étu­diants – pour la majo­ri­té grands débu­tants – avec le dic­tion­naire de ver­sion latine. Elle s’ins​pire de la règle « S + 7 » inven­tée par les membres de l’OULIPO3, qui consiste à réécrire un texte lit­té­raire (par exemple « la Cigale et la Fourmi » de Jean de la Fontaine, deve­nue « La Cimaise et la Fraction », ou encore « L’étreinte » d’a​près « L’étranger » de Baudelaire) en chan­geant tous les sub­stan­tifs et en les rem­pla­çant par ceux que l’on trouve sept sub­stan­tifs plus loin dans le dic­tion­naire. Ce même prin­cipe est appli­qué ici à des textes bien connus des lati­nistes : l’in​ci​pit de l’Énéide(vers 1–7), celui de la Guerre des Gaules, ain­si qu’une fable de Phèdre, « Vulpes et Coruus», et le dic­tion­naire latin-fran­çais de Félix Gaffiot dans sa ver­sion révi­sée de 2000 vient rem­pla­cer Le petit Larousseou Le Robert.

Les trois extraits lit­té­raires pro­po­sés sont accom­pa­gnés d’une tra­duc­tion fran­çaise, mais il est pré­fé­rable, pour faci­li­ter l’en​trée des étu­diants dans l’ac​ti​vi​té, de les avoir préa­la­ble­ment tra­duits en classe. Cela per­met en effet de leur faire gagner un temps pré­cieux dans l’é​tape pré­li­mi­naire qui consiste à repé­rer et à sur­li­gner dans le texte de leur choix tous les sub­stan­tifs à rem­pla­cer. Le tra­vail de recherche dans le dic­tion­naire s’ef​fec​tue par petits groupes de deux ou trois, ce qui per­met l’en​traide et l’é​change d’hy​po​thèses lorsque sur­vient une dif­fi­cul­té : ain­si, dans le poème de Virgile, le nom orisdu vers 1 sus­cite le débat : faut-il le faire venir du neutre os, oris? Mais comme le fait remar­quer un autre étu­diant, la pré­po­si­tion abréclame l’em​ploi de l’a​bla​tif, donc il ne peut s’a​gir que du plu­riel du nom fémi­nin ora, ae. Où cher­cher la forme lito­ra(v. 3) ? Puisque cette entrée n’existe pas dans le dic­tion­naire, il faut donc aban­don­ner l’hy​po​thèse d’un nom de pre­mière décli­nai­son et opter pour un neutre plu­riel plus pro­bable étant don­né qu’il s’a​git d’un com­plé­ment cir­cons­tan­ciel de lieu expri­mant la direc­tion. Mais alors, quel sera le radi­cal ? L’un des étu­diants pense alors à la décli­nai­son de cor­pus, oriset fait immé­dia­te­ment le rap­pro­che­ment entre lito­raet la forme cor­po­ra, ce qui lui per­met de remon­ter à litus.

Une fois les sub­stan­tifs iden­ti­fiés dans le dic­tion­naire, reste à trou­ver le nom qui leur sera sub­sti­tué, ce qui sup­pose d’être capable non seule­ment de comp­ter jus​qu’à 7 mais sur­tout de dis­tin­guer la nature des mots pré­sents dans le dic­tion­naire ! Chaque S+7 est dûment rele­vé, ain­si que son genre et sa tra­duc­tion. La réécri­ture peut alors com­men­cer, en tenant bien compte du genre des nou­veaux termes qui peut impo­ser de modi­fier l’ac​cord des adjec­tifs ou par­ti­cipes pas­sés (par exemple, dans l’Énéide, Lauiniaau vers 2), et du chan­ge­ment éven­tuel de décli­nai­son. Cette étape doit per­mettre d’an​crer chez les étu­diants qui se des­tinent au thème gram­ma­ti­cal des habi­tudes de relec­ture et d’au​to​cor​rec​tion, mais elle per­met éga­le­ment de véri­fier leur com­pré­hen­sion en pro­fon­deur de la syn­taxe latine. Une fois le texte latin récrit, on pro­cède alors la réécri­ture de sa tra­duc­tion en effec­tuant les chan­ge­ments qui s’im​posent, ce qui consti­tue de loin l’é​tape la plus ludique du tra­vail puis​qu’elle fait appa­raître, avec une poé­sie et une éru­di­tion par­fois inat­ten­dues, toute la lou­fo­que­rie de ces varia­tions séman­tiques. Voici deux exemples de réa­li­sa­tions :

Exemple 1 :

Arma virumque cano, Troiae qui pri­mus ab oris
Italiam, fatopro­fu­gus, Laviniaque venit
lito­ra, mul­tum ille et ter­risiac­ta­tus et alto
vi super­um sae­vae memo­rem Iunonis ob iram;
mul­ta quoque et bel­lopas­sus, dum conde­ret urbem,
infer­retque deosLatio, genusunde Latinum,
Albanique patres, atque altae moe­niaRomae.

Virgile, Énéide, chant I, vers 1 à 7

Je chante les armes et l’homme qui, pre­mier entre tous, chas­sé par le des­tin des bords de Troie, vint en Italie, aux rivages où s’é​le​vait Lavinium. Longtemps, et sur terre et sur mer, la puis­sance des Dieux d’en haut se joua de lui, à cause du res­sen­ti­ment de la cruelle Junon ; et long­temps aus­si la guerre l’é​prou​va en atten­dant qu’il eût fon­dé sa cité et trans­por­té ses dieux dans le Latium : ce fut là l’o​ri​gine de la race latine, des Albains nos pères, et, sur les hau­teurs, des rem­parts de Rome.

Traduction d’André Bellessort (1959)

↓

Armatores Virbiumque cano, Troiae qui pri­mus ab ora­cu­lo­rum
Italiam, faven­tiapro­fu­gus, Laviniosque venit
livores, mul­tum ille et ter­ri­cu­la­men­tisiac­ta­tus et alu­mi­na­rio
vis­cel­losuper­um sae­vae memo­rem Iunonis ob irceum;
mul­ta quoque et beluapas­sus, dum conde­ret urcio­lam,
infer­retque deuas­ta­toresLatio, geo­gra­phusunde Latinum,
Albanique pater­ni­tates, atque altae moliaeRomae.

Je chante ceux qui arment et Virbius qui, pre­mier entre tous, chas­sé par le recueille­ment des oracles de Troie, vint en Italie, aux taches livides de Lavinium. Longtemps, et sur les épou­van­tails et sur les mar­chands d’a​lun, le far­ci de viande des Dieux d’en haut se joua de lui, à cause du bou­din ran­cu­nier de la cruelle Junon ; et long­temps aus­si la bête sau­vage l’é​prou​va en atten­dant qu’il eût fon­dé sa cruche et trans­por­té ses dévas­ta­teurs dans le Latium : ce fut là l’o​ri​gine du géo­graphe latin, des pater­ni­tés des Albains, et, sur les hau­teurs, des meules de Rome.

Auxence et Noé

Exemple 2 :

Vulpeset Corvus

Qui se lau­da­ri gau­det ver­bissub­do­lis,
sera dat poe­nasturpes pae­ni­ten­tia.
Cum de fenes­tra cor­vusrap­tum caseum
comesse vel­let, cel­sa resi­dens arbore,
vulpesinvi­dit, deinde sic coe­pit loqui :
« O qui tua­rum, corve, pin­na­rumest nitor!
Quantum deco­ris cor­poreet vul­tugeris !
Si vocem haberes, nul­la prior ales foret. » […]

Phèdre, I, 13

Le cor­beau et le renard

Celui qui aime être loué par des paroles rusées
subit un châ­ti­ment hon­teux par un repen­tir tar­dif.
Comme un cor­beau avait pris sur une fenêtre
un fro­mage et se dis­po­sait à le man­ger per­ché sur le haut d’un arbre,
un renard l’a​per​çut et se mit à lui par­ler ain­si :
« Que ton plu­mage, ô cor­beau, a d’é​clat !
Que de beau­té sur ta per­sonne et dans ton air !
Si tu avais de la voix, nul oiseau ne te serait supé­rieur. »

Traduction per­son­nelle

↓

Vulturiuset corym­bion

Qui se lau­da­ri gau­det ver­gi­lio­cen­to­ni­bussub­do­lis
sera dat poleamtur­pem pae­nu­ria.
Cum de feni­sice corym­bionrap­tam cas­si­dem
comesse vel­let, cel­sa resi­dens arbus­ta,
Vulturiusinvi­dit, deinde sic cœpit loqui :
« O quae tua­rum, corym­bion, pen­si­ta­tio­numest nobi­li­tas!
Quantum dede­co­ra­to­rem cor­re­gio­na­li­buset xenio­logeris !
Si vul­ne­ra­to­remhaberes, nul­lum prius alia­tumforet. » […]

Le vau­tour et la per­ruque

Celui qui aime être loué par des cen­tons de Virgile rusés
donne un fumier d’â​non hon­teux par une disette tar­dive.
Comme une per­ruque avait pris sur un fau­cheur un casque en métal
et se dis­po­sait à le man­ger, per­ché sur le haut d’un arbuste,
un vau­tour l’a​per​çut et se mit à lui par­ler ain­si :
« Que tes dépenses, ô per­ruque, ont de noblesse !
Que d’in​di​gni​té sur les habi­tants des contrées voi­sines et dans le petit cadeau !
Si tu avais quel​qu’un pour te bles­ser, nul ragoût d’ail ne te serait supé­rieur. »

Martin et Alexandre

À noter que cer­taines dif­fé­rences peuvent appa­raître dans le décompte des sub­stan­tifs sui­vant que l’on choi­sit ou non de prendre en compte les noms propres et les adjec­tifs sub­stan­ti­vés. Il convient donc de se mettre préa­la­ble­ment d’ac​cord, à l’é​chelle de la classe ou bien du groupe de tra­vail, sur le modus ope­ran­di.

Enfin, il faut pré­voir une plage suf­fi­sante (deux heures envi­ron) pour mener à bien cette acti­vi­té rela­ti­ve­ment chro­no­phage, sur­tout si les élèves sont peu fami­liers de la mani­pu­la­tion du dic­tion­naire. Il est pré­fé­rable éga­le­ment de ne pas don­ner un texte trop long à réécrire (une dizaine de lignes au maxi­mum) pour évi­ter toute forme de las­si­tude.

Écrire pour s’ap​pro​prier des œuvres littéraires ou des documents épigraphiques

A. Réécrire sous forme de saynète un extrait du de Signis(le candélabre d’Antiochus) 

Cette acti­vi­té a été pro­po­sée à un groupe d’é​tu​diants de pre­mière année de classe pré­pa­ra­toire à l’École Nationale des Chartes dans le cadre d’un cours de thème latin à la fin du pre­mier semestre de cette année. Le texte de Cicéron avait été préa­la­ble­ment étu­dié sous forme de lec­ture sui­vie en cours de ver­sion latine et son carac­tère dra­ma­tique et enle­vé avait fait naître l’en​vie chez les étu­diants d’en pro­po­ser une repré­sen­ta­tion théâ­trale avant les congés de Noël. Par sou­ci d’ef​fi​ca​ci​té, nous avons choi­si de divi­ser le récit cicé­ro­nien en cinq sec­tions, cor­res­pon­dant cha­cune à une scène de la future pièce, et de le répar­tir entre dif­fé­rents groupes de tra­vail en pre­nant soin de mixer les niveaux pour évi­ter les groupes com­po­sés uni­que­ment de débu­tants. Les consignes d’é​cri​ture étaient les sui­vantes : « trans­for­mer en dia­logue les élé­ments du récit cor­res­pon­dant en repre­nant au maxi­mum le voca­bu­laire du texte ori­gi­nal ». L’objectif lin­guis­tique était de tra­vailler le pas­sage du style indi­rect au style direct, mais sans pra­ti­quer la trans­po­si­tion méca­nique propre à cer­tains exer­cices gram­ma­ti­caux. Les étu­diants avaient en effet une cer­taine lati­tude pour bro­der, inven­ter les répliques des per­son­nages, à condi­tion de pen­ser bien enten­du à adap­ter les mar­queurs d’é​non​cia​tion (uti­li­sa­tion de la pre­mière et de la deuxième per­sonne, recours au pré­sent de l’in​di​ca​tif et du sub­jonc­tif, emploi de l’im​pé​ra​tif, des par­ti­cules inter­ro­ga­tives…).

Le sys­tème des groupes a per­mis de réa­li­ser un gain signi­fi­ca­tif de temps, puisque deux séances de deux heures ont suf­fi à mener l’ac​ti​vi​té jus​qu’à son terme. La pre­mière séance a été consa­crée tout d’a​bord à bâtir une trame en fran­çais afin de gui­der le tra­vail d’é​cri​ture. Les étu­diants ont com­men­cé par se poser les ques­tions sui­vantes : qui sont les per­son­nages pré­sents dans la scène ? Où sont-ils ? Comment la parole est-elle répar­tie entre eux ? Quelles infor­ma­tions essen­tielles doivent-ils don­ner aux spec­ta­teurs ? À par­tir de là, le tra­vail d’é​cri​ture en latin peut com­men­cer, en pre­nant appui sur le texte de Cicéron et sur les dic­tion­naires de ver­sion et de thème. Une pre­mière ébauche est ren­due au terme de ces deux pre­mières heures.

La deuxième séance consiste tout d’a​bord en la relec­ture et la cor­rec­tion du pre­mier jet selon les indi­ca­tions don­nées par le pro­fes­seur. Dans un second temps, on pro­cède à l’en​ri​chis​se​ment du texte en ajou­tant des didas­ca­lies et des élé­ments ver­baux carac­té­ris­tiques du style oral : inter­jec­tions et jurons (Age, Hercle, esto), for­mules de salu­ta­tion et de poli­tesse (Saluete, aue, sis, obse­cro). Enfin, après d’ul​times véri­fi­ca­tions gram­ma­ti­cales (la plus grande atten­tion étant por­tée aux formes ver­bales, notam­ment les impé­ra­tifs dépo­nents), le texte est lu à haute voix afin d’é​prou​ver sa flui­di­té puis mis au propre par écrit. Le pro­fes­seur cen­tra­lise alors l’en​semble des pro­duc­tions des groupes afin d’é​la​bo​rer le docu­ment final qui est dis­tri­bué aux futurs acteurs.

Le can­dé­labre d’Antiochus, pièce en un acte et cinq scènes
d’a​près le De Signisde Cicéron,
par les étu­diants de pre­mière année de classe pré­pa­ra­toire
à l’École Nationale des Chartes du Lycée Pierre-de-Fermat (Toulouse)

XXVIII.Candelabrum e gem­mis cla­ris-simis opere mira­bi­li per­fec­tum reges ii, quos dico, Romam cum attu­lissent, ut in Capitolio ponerent, quod non­dum per­fec­tum tem­plum offen­de­rant, neque ponere potue­runt neque uul­go osten­dere ac pro­ferre uolue­runt, ut et magni­fi­cen­tius uide­re­tur cum suo tem­pore in cel­la Iouis Optimi Maximi pone­re­tur, et cla­rius cum pul­chri­tu­do eius recens ad ocu­los homi­num atque inte­gra per­ue­ni­ret : sta­tue­runt id secum in Syriam repor­tare ut, cum audissent simu­la­crum Iouis Optimi Maximi dedi­ca­tum, lega­tos mit­terent qui cum cete­ris rebus illud quoque exi­mium ac pul­cher­ri­mum donum in Capitolium adferrent.SCAENA 1 :
in foro Romano ; Antiochus cum fratre ambu­lat.


ANTIOCHUS : Age, mi fra­ter, in Capitolium fes­ti­ne­mus. Nam hodie nos­trum donum in tem­plo Iouis Optimi Maximi depo­nere uolo.
FRATER : De can­de­la­brone loque­ris ?
ANT. : Ita plane, hoc can­de­la­brum e gem­mis cla­ris­si­mis opere mira­bi­li per­fec­tum sane sena­tum popu­lumque Romanum delec­ta-bit !
FR. : Ecce Iovis tem­plum ! Hercle ! Quid uideo ?
ANT. : Templum… clau­sum ? Id cre­dere non pos­sum !
FR. : Quid facia­mus ?
ANT. : In Syriam cum can­de­la­bro redea­mus. Post lega­tum mit­te­mus qui, tem­plo dedi-cato, id effe­rat.
FR. : Vide, mi fra­ter ! Vir obuiam nobis pro­dit. Quis est ille ?
Peruenit res ad istius auris nes­cio quo modo ;nam rex id cela­tum uolue­rat, non quo quic­quam metue­ret aut sus­pi­ca­re­tur, sed ut ne mul­ti illud ante prae­ci­perent ocu­lis quam popu­lus Romanus. Iste petit a rege et eum plu­ri­bus uer­bis rogat ut id ad se mit­tat ;cupere se dicit ins­pi­cere neque se aliis uiden­di potes­ta­tem esse fac­tu­rum. Antiochus, qui ani­mo et pue­ri­li esset et regio, nihil de istius impro­bi­tate sus­pi­ca­tus est ;impe­rat suis ut id in prae­to­rium inuo­lu­tum quam occul­tis­sime deferrent.SCAENA 2 :
Antiochus, fra­ter eius, Verres


VERRES : Saluete, iuvenes prin­cipes ! Verres pro­prae­tor sum. Candelabrum magno pre­tio uobis esse audii. Licetne id mihi uidere ?
ANT. : Non licet ! Nolo quem­quam ante popu­lum Romanum id uidere posse !
VER. : Neminem prae­ter me id uidere sinam. Tibi iuro !
ANT. : Iuras ? Esto ! Extemplo seruum ad te mit­to ut can­de­la­brum tra­dat.
Quo pos­tea­quam attu­le­runt inuo­lu­crisque reiec­tis consti­tue­runt, cla­mare iste coe­pit dignam rem esse regno Syriae, dignam regio munere, dignam Capitolio. Etenim erat eo splen­dore qui ex cla­ris­si­mis et pul­cher­ri­mis gem­mis esse debe­bat, ea uarie­tate ope­rum ut ars cer­tare uide­re­tur cum copia, ea magni­tu­dine ut intel­le­gi pos­set non ad homi­num appa­ra­tum sed ad amplis­si­mi tem­pli orna­tum esse fac­tum.SCAENA 3 :
in prae­to­rio ; Antiochi seruus, Verres


SERVUS, fores per­cu­tiens: Ave, hoc a rege Antiocho te affe­ro.
VER. : Gratias tibi ago. Pone id hic !
Servus abit.
Et nunc, illud mira­cu­lum uidea­mus !
Candelabrum expli­cat.
Quam pul­chrum, quam magni­fi­cum, quam splen­di­dum ! Hoc pro­fec­to rege, popu­lo Romano, Deo dignum est ! Quin etiam, meo tri­cli­nio dignum !
Cum satis iam pers­pexisse uide­re­tur, tol­lere inci­piunt ut referrent. Iste ait se uelle illud etiam atque etiam consi­de­rare ; nequa­quam se esse satia­tum ; iubet illos dis­ce­dere et can­de­la­brum relin­quere. Sic illi tum inanes ad Antiochum reuer­tun­tur. XXIX.Rex pri­mo nihil metuere, nihil sus­pi­ca­ri ; dies unus, alter, plures ; non refer­ri. Tum mit­tit, si uidea­tur, ut red­dat. Iubet iste pos­te­rius ad se reuer­ti. Mirum illi uide­ri ; mit­tit ite­rum ; non red­di­tur.SCAENA 4 :
in prae­to­rio ; Antiochi lega­tus, Verris famu­lus, Verres


FAM., ad Verrem ueniens: Domine, qui­dam lega­tus a rege Antiocho tecum loqui uult.
LEG. : Aue pro­prae­tor, rex Antiochus me can­de­la­brum repor­tare iubet.
VER. : Non satis illud consi­de­raui, cras reuer­ti­mi­ni ! Legatus exit.
Postero die.
LEG. : Aue pro­prae­tor, can­de­la­brum, sis, reci­pere uolo.
VER. : Nolo. Postea reuer­ti­mi­ni !
Legatus ite­rum exit.
Ipse homi­nem appel­lat, rogat ut red­dat. Os homi­nis insi­gnemque impu­den­tiam cognos­cite. Quod sci­ret, quod ex ipso rege audis­set in Capitolio esse ponen­dum, quod Ioui Optimo Maximo, quod popu­lo Romano serua­ri uide­ret, id sibi ut dona­ret rogare et uehe­men­tis­sime petere coe­pit. Cum ille se et reli­gione Iouis Capitolini et homi­num exis­timatione impe­di­ri dice­ret, quod mul­tae nationes testes essent illius ope­ris ac muneris, iste homi­ni mina­ri acer­rime coe­pit. Vbi uidet eum nihi­lo magis minis quam pre­ci­bus per­moue­ri, repente homi­nem de prouin­cia iubet ante noc­tem dece­dere ; ait se comperisse ex eius regno pira­tas ad Siciliam esse uen­tu­ros. […] XXX.[…] Rex Antiochus , qui Romæ ante ocu­los omnium nos­trum, biennium fere, comi­ta­tu regio atque orna­tu fuis­set, is quum ami­cus et socius popu­li roma­ni esset, ami­cis­si­mo patre, avo, majo­ribus, anti­quis­si­mis et cla­ris­si­mis regi­bus, opu­len­tis­si­mo et maxi­mo regno , præ­ceps e pro­vin­cia popu­li roma­ni extur­ba­tus est.SCAENA 5 :
in prae­to­rio ; Antiochus, Verres, cus­todes


ANT. : Aue, pro­prae­tor, can­de­la­brum redde, si uis ! Id in Capitolio ponen­dum est.
VER., pre­cans: Ac potius istud in tri­cli­nio meo manere uelim. Nonne ami­cus meus es ? Da mihi can­de­la­brum, obse­cro !
ANT. : Id non fie­ri potest. Nam omnes sciunt illud Iovi Optimo Maximo serua­ri.
VER., minans: Nihil ad me ! In tri­cli­nio meo mane­bit ! Tibi pri­mum ex mani­bus meis eri­pien­dum erit, si aude­bis ! Candela-brum com­plec­ta­tur.
ANT., iras­cens: Verres, uir sce­les­tis­sime, can­de­la­brum mihi res­ti­tue !
VER. : Custodes, istum pes­si­mum pira­tam appre­hen­dite et e Sicilia expel­lite !
ANT., ad cus­todes uer­tens: Nolite me tan­gere, ego rex poten­tis­si­mus sum ! Ad Verrem reuer­tens: Verres, per­fide fur, istam iniu­riam per­se­quar !
Custodes Antiochum appre­hen­dunt eum-que e prae­to­rio extra­hunt.
VER., ala­cris: Et nunc, can­de­la­brum est MEUM !

Ce tra­vail d’a​dap​ta​tion dra­ma­tique a été l’oc​ca​sion pour les étu­diants de mettre en appli­ca­tion leurs connais­sances sur la syn­taxe de la pro­po­si­tion infi­ni­tive ou encore sur les par­ti­cules inter­ro­ga­tives (on recon­naî­tra d’ailleurs, au détour du dia­logue, un exemple-type du Précis de gram­maire des lettres latineslorsque Verrès tente d’a​ma​douer Antiochus : Nonne ami­cus meus es ?). Il leur a éga­le­ment per­mis de se fami­lia­ri­ser avec des temps et modes ver­baux qu’ils n’é​taient pas encore accou­tu­més à mani­pu­ler, tels que le futur de l’in​di​ca​tif, le pré­sent du sub­jonc­tif et l’im​pé​ra​tif, même si ce fut par­fois au prix de quelques bar­ba­rismes… Enfin, l’em​ploi de l’ad​jec​tif ver­bal et du sys­tème condi­tion­nel avec le futur de l’in​di​ca​tif dans la scène 5 a néces­si­té une aide ciblée de la part du pro­fes­seur puisque ces points n’a​vaient pas encore été abor­dés à ce stade de l’an​née. Loin de la trans­po­si­tion méca­nique du dis­cours rap­por­té en dis­cours direct, les étu­diants ont su habi­le­ment se cou­ler dans les blancs du récit cicé­ro­nien pour ima­gi­ner les répliques des per­son­nages tout en res­pec­tant la vrai­sem­blance psy­cho­lo­gique. Ainsi, le groupe qui a pris en charge la rédac­tion de la scène 5 a dû ima­gi­ner le conte­nu expli­cite des menaces adres­sées par Verrès à Antiochus, là où l’o​ra​teur se conten­tait d’un dis­cours nar­ra­ti­vi­sé : « iste homi­ni mina­ri acer­rime coe­pit».

Mais au-delà de l’as​pect pure­ment lin­guis­tique et lit­té­raire, l’un des inté­rêts majeurs de cette acti­vi­té réside dans le pas­sage de la pro­duc­tion écrite à la per­for­mance orale : quel plai­sir en effet, après plu­sieurs mois consa­crés à l’é​tude du De Signis, de voir ain­si s’a​ni​mer dans la classe le naïf Antiochus flan­qué de son frère bien falot ou encore le fourbe Verrès que nos acteurs ama­teurs ont pris un réel plai­sir à incar­ner ! Cette modeste repré­sen­ta­tion venait oppor­tu­né­ment conclure, dans une bonne humeur com­mu­ni­ca­tive, notre lec­ture au long cours du réqui­si­toire de Cicéron.

B. De la lecture de l’é​pi​taphe de la chienne Myia à l’é​di​fi​ca​tion (virtuelle !) d’une nécropole canine

L’activité sui­vante a été pro­po­sée à une classe de grands débu­tants d’hy​po​khâgne qui étu­diaient le latin depuis près de quatre mois. Elle s’ins​cri​vait dans le cadre du pro­gramme de culture antique 2021–2023 « L’homme et l’a​ni​mal » et fai­sait suite à une séance consa­crée au déchif­fre­ment et à la tra­duc­tion d’une ins­crip­tion funé­raire (CIL XIII, 488) retrou­vée à Auch sur le site d’une vil­la romaine et dont la repro­duc­tion, accom­pa­gnée de pré­cieuses infor­ma­tions, est acces­sible sur le site Odysseum4. Le carac­tère local de l’ar​te​fact (plu­sieurs élèves de la classe sont ori­gi­naires du Gers), autant que la moder­ni­té du sen­ti­ment qui s’y exprime envers l’a​ni​mal défunt, avaient par­ti­cu­liè­re­ment rete­nu l’at​ten​tion des étu­diants. J’ai donc choi­si de pro­lon­ger cette séance d’i​ni​tia​tion à l’é​pi​gra​phie par un tra­vail d’é​cri​ture imi­ta­tive per­met­tant de réin­ves­tir les connais­sances nou­vel­le­ment acquises : sur le plan gram­ma­ti­cal, l’en​jeu était de s’exer​cer à manier le par­fait de l’in​di​ca​tif et la troi­sième décli­nai­son à côté de l’in​di​ca​tif pré­sent et des deux pre­mières décli­nai­sons, déjà bien connues. Sur le plan cultu­rel, l’ob​jec​tif était de mettre à pro­fit les obser­va­tions réa­li­sées sur l’é​pi​taphe de Myia concer­nant le carac­tère régu­lier de l’ins​crip​tion, le che­vau­che­ment de cer­taines lettres, l’ab​sence fré­quente de sépa­ra­tion entre les mots, la pré­sence de signes non lin­guis­tiques comme l’hede­ra(orne­ment en forme de feuille de lierre ser­vant à rem­plir un espace vide) à la fin de la ligne 6, pour nour­rir ensuite les pro­duc­tions écrites et gra­phiques des étu­diants.

La consigne don­née aux étu­diants était celle-ci : « Vous êtes un riche patricien/une riche patri­cienne romaine et votre chien de com­pa­gnie vient de vous quit­ter. Offrez-lui un monu­ment funé­raire à la hau­teur de votre afflic­tion et de votre affec­tion pour lui. » Elle était com­plé­tée par une série de contraintes et d’in​di​ca​tions pour orien­ter le tra­vail de manière effi­cace : « Vous aurez soin d’u​ti​li​ser le pré­sent et le par­fait de l’in​di​ca​tif, les trois pre­mières décli­nai­sons des noms, le voca­bu­laire don­né et/ou celui du cours. Vous pour­rez vous ins­pi­rer de l’é​pi​taphe de Myia voire en reprendre cer­tains pas­sages (pas trop longs). Dans le conte­nu de l’ins​crip​tion, vous met­trez l’ac​cent sur l’op​po​si​tion entre ce que fut le chien de son vivant et ce qu’il est/ne peut plus faire désor­mais, ain­si que sur la tris­tesse de son/sa pro­prié­taire. Quand l’é​pi​taphe sera rédi­gée et dûment relue, reco­piez-la au propre sur la stèle en uti­li­sant des majus­cules romaines et en cen­trant bien le texte. »

Afin de faci­li­ter la pro­jec­tion et l’en​trée des élèves dans l’ac​ti​vi​té, nous avons four­ni une gale­rie de chiens pour­vus d’au​then​tiques noms latins, comme le sui­vants (même si leurs races n’é​taient pas toutes « archéo­com­pa­tibles ») :

Les étu­diants, répar­tis par binômes, devaient élire l’un des per­son­nages canins pré­sen­tés ci-des­sus, puis s’en​tendre sur le choix d’un monu­ment funé­raire. Là encore, plu­sieurs modèles (ins­pi­rés de véri­tables décou­vertes archéo­lo­giques) sont pro­po­sés5.

Le tra­vail de rédac­tion pro­pre­ment dit peut alors com­men­cer. Par sou­ci d’ef​fi​ca​ci​té, pour cana­li­ser l’ins​pi​ra​tion des étu­diants et évi­ter qu’ils ne perdent du temps en recherches hasar­deuses sur inter­net, une banque de mots est four­nie et ponc­tuel­le­ment enri­chie au cours de la séance au fil des demandes. Elle vient s’a​jou​ter au lexique du texte de l’é​pi​taphe de Myia :

Adjectifs :

  • bene meren­tis­si­mus, a, um: bien méri­tant
  • beni­gnus, a, um: gen­til
  • blan­dus, a, um : cares­sant, câlin
  • can­di­dus, a, um : blanc
  • caris­si­mus, a, um : bien cher, ché­ri
  • conscius, a, um : com­plice, qui par­tage (+ G.)
  • dul­cis­si­mus, a, um : très doux
  • fide­lis­si­mus, a, um: très fidèle
  • fla­vus, a, um : blond, jaune
  • fus­cus, a, um : brun
  • las­ci­vus, a, um : espiègle, folâtre, coquin
  • maes­tus, a, um : pro­fon­dé­ment affli­gé
  • niger, nigra, nigrum : noir
  • obse­quen­tis­si­mus, a, um : très obéis­sant
  • rufus, a, um: roux
  • tris­tis, e : triste

Noms :

  • ani­ma, ae, f. : âme (terme affec­tueux)
  • canis, is, m. ou f. : chien
  • catel­la, ae, f. : petite chienne
  • catel­lus, i, m. : petit chien
  • cau­da, ae, f. : la queue
  • comes, comi­tis, m. ou f. : com­pa­gnon
  • cor­cu­lum, i, n. : petit cœur
  • deli­ciae, arum, f. : amour, délices
  • domi­na, ae, f. : maî­tresse
  • domi­nus, i, m. : maître
  • ludus, i, m. : jeu, amu­se­ment
  • memo­ria, ae, f. : sou­ve­nir, mémoire
  • men­sa, ae, f. : la table
  • ocel­lus, i, m. : petit œil (terme affec­tueux)
  • oscu­lum, i, n. : bai­ser
  • torus, i, m. : cous­sin, couche, lit
  • vita, ae, f. : vie

Verbes :

  • cubo, as, are, cubui, cubi­tum : être cou­ché
  • cur­ro, is, ere, cucur­ri, cur­sum : cou­rir
  • do, das, dare, dedi, datum: don­ner
  • doleo, es, ere, dolui: souf­frir
  • lam​bo,is, ere, lam­bi : lécher, laper
  • latro, as, are, avi, atum : aboyer
  • ludo, is, ere, lusi, lusum : jouer
  • mor­deo, es, ere, momor­di, mor­sum : mordre
  • per­eo, is, ire, ii, itum : mou­rir
  • fre­mo, is, ere, fre­mui, fre­mi­tum: gro­gner
  • jaceo, es, ere, jacui : être cou­ché, éten­du
  • jac­to, as, are, avi, atum: jeter, remuer (la queue)
  • pos­sum, potes, posse, potui: pou­voir (+ inf.)
  • requies­co, is, ere, quieui, quie­tum :repo­ser
  • salio, is, ire, salui, sal­tum :sau­ter
  • sileo, es, ere, silui :res­ter­si­len­cieux
  • vivo, is, ere, vixi, vic­tum:vivre

Ce pre­mier volet de l’ac​ti​vi​té met­tait prin­ci­pa­le­ment en jeu des com­pé­tences lin­guis­tiques, même s’il fai­sait éga­le­ment une petite place à l’i​ma​gi​na​tion et à la sub­jec­ti­vi­té. Les binômes les plus effi­caces ont réus­si à pro­duire un texte com­plet au bout d’une heure envi­ron, qui a été ensuite relu et retra­vaillé avec le pro­fes­seur. D’autres binômes ont ren­con­tré des dif­fi­cul­tés faute d’a​voir sui­vi la recom­man­da­tion pro­fes­so­rale de pri­vi­lé­gier des phrases simples (en dehors de la tour­nure doleo quodpré­sente dans l’é​pi​taphe de Myia, les dif­fé­rents types de pro­po­si­tions subor­don­nées n’a​vaient pas encore été vus à ce stade de l’an​née). Étant don­né que l’im​par​fait de l’in​di​ca​tif – que les étu­diants avaient croi­sé dans le texte pré­cé­dent – n’a​vait pas encore fait l’ob​jet d’une étude à part entière, j’a​vais éga­le­ment déci­dé de l’ex​clure de l’exer​cice, mais il s’est avé­ré à l’u​sage que ce choix a pu quel­que­fois embar­ras­ser cer­tains groupes, qui sou­hai­taient évo­quer les rituels de vie com­mune du chien et de son maître.

Si ce pre­mier volet condui­sait les étu­diants à épou­ser le point de vue du pro­prié­taire de l’a​ni​mal, la deuxième par­tie du tra­vail, moins facile qu’il n’y paraît au pre­mier abord, les ame­nait à se mettre à la place du lapi­cide, obli­gé d’a​dap​ter le let­trage à l’es​pace dont il dis­pose sur la stèle. De fait, l’ef​fort de cen­trage du texte a été inéga­le­ment effec­tué selon les groupes. En revanche, tous se sont prê­tés de bon cœur au jeu de la per­son­na­li­sa­tion du tom­beau, même si cer­tains choix orne­men­taux et chro­ma­tiques se sont révé­lés assez dis­cu­tables tant du point de vue archéo­lo­gique qu’es​thé​tique ! Il est tou­te­fois regret­table que les étu­diants n’aient pas tou­jours accor­dé le même soin à la qua­li­té du latin de leur ins­crip­tion.

Voilà deux exemples de réa­li­sa­tions par­mi les plus réus­sies, alliant com­pé­tences gram­ma­ti­cales, inven­ti­vi­té et sens esthé­tique (sur le deuxième des­sin, les auteurs se sont même auto­re­pré­sen­tées en com­pa­gnie de leur fidèle Spina, signe qu’elles ont su s’ap​pro​prier l’ac​ti​vi​té sans dif­fi­cul­tés majeures).

Une fois le tra­vail des étu­diants ache­vé, com­mence celui du pro­fes­seur. Afin de tenir compte, dans l’é​va​lua​tion des pro­duc­tions écrites, des dif­fé­rents aspects (lin­guis­tiques, cultu­rels, esthé­tiques) que nous avons évo­qués, j’ai éta­bli une grille de nota­tion dont les items reprennent les prin­ci­paux élé­ments de la consigne : res­pect des contraintes gram­ma­ti­cales, qua­li­té de la rédac­tion du texte, res­pect du conte­nu, pré­sen­ta­tion de l’ins​crip​tion.

Respect des consignes gram­ma­ti­cales : /3

- Utilisation des trois pre­mières décli­nai­sons
- Utilisation du pré­sent et du par­fait de l’in​di​ca​tif
- Utilisation du voca­bu­laire four­ni
Qualité de la rédac­tion du texte : /10

- Utilisation de mots latins attes­tés, noms et adjec­tifs mis au bon cas, res­pect des accords gram­ma­ti­caux…
Respect du conte­nu du texte : /3

- Ce que le chien fut/fit de son vivant
- Ce qu’il est aujourd’​hui/ne peut plus faire désor­mais
- Expression de la tris­tesse
Présentation de l’ins​crip​tion : /4

- Alignement et cen­trage de l’ins​crip​tion
- Emploi des capi­tales romaines
- Originalité de la déco­ra­tion

L’écriture libre mais gui­dée par des consignes pré­cises et détaillées, comme ici, nous appa­raît donc comme une alter­na­tive très pro­met­teuse à l’exer​cice aca­dé­mique et for­ma­té du thème gram­ma­ti­cal. Elle pré­sente en effet de mul­tiples avan­tages : sti­mu­lante pour les élèves en ce qu’elle fait appel à leurs capa­ci­tés créa­tives et ima­gi­na­tives, elle per­met cepen­dant de main­te­nir de réelles exi­gences lin­guis­tiques tout en modu­lant le niveau de dif­fi­cul­té par le biais des contraintes d’é​cri​ture (on peut par exemple exclure de la banque de mots des noms des qua­trième et cin­quième décli­nai­sons, ne pas inclure de verbes dépo­nents, etc.) en fonc­tion de l’ob​jec​tif visé par le pro­fes­seur. Parfaitement adap­tée à des lati­nistes ou hel­lé­nistes non spé­cia­listes, elle peut tout autant trou­ver sa place à des niveaux d’en​sei​gne​ment plus éle­vés, notam­ment en com­plé­ment de l’é​tude d’œuvres lit­té­raires clas­siques, et par là même elle contri­bue à redon­ner une ambi­tion à l’en​sei​gne​ment des langues anciennes, qui, dans le secon­daire, a pu être par­fois ten­té de renon­cer à l’ap​pren​tis​sage de la langue au pro­fit de l’é​tude de textes tra­duits.


Bibliographie

Caradec François, « S+7 : Jean Lescure, 1961 », dis­po­nible en ligne sur https://​www​.ouli​po​.net/fr​/contraintes/s7(consul­té le 11/03/2021).

Chiron Pierre, Manuel de rhé­to­rique, Les Belles Lettres, Paris, 2020, p. 55.

Gallego Julie, « Le chien : un “gar­dien muet” à qui l’homme peut don­ner un nom », dis­po­nible en ligne sur https://​edus​col​.edu​ca​tion​.fr/odysseum​/le-chien-un-gardien-muet-qui-lhomme-peut-donner-un-nom(consul­té le 11/03/2021).


Notes

  1. Chiron Pierre, Manuel de rhé­to­rique, Paris, Les Belles Lettres, 2020, p. 55. ↩︎
  2. Pour cela, on peut par exemple s’ins​pi​rer des fiches de voca­bu­laire latin thé­ma­tiques pro­po­sées par R. Delord sur le site « Arrête ton char » : https://​www​.arre​te​ton​char​.fr/02-vocabulaire-th%C3%A9matique/. ↩︎
  3. Voir le site offi­ciel https://​www​.ouli​po​.net/fr​/contraintes/s7. ↩︎
  4. Voir https://​edus​col​.edu​ca​tion​.fr/odysseum​/le-chien-un-gardien-muet-qui-lhomme-peut-donner-un-nom. ↩︎
  5. Ces modèles ont été emprun­tés à ceux que l’on trouve sur dif­fé­rentes pages du site Alienor​.org (asso­cia­tion Conseil des musées de Poitou-Charentes) :
    - http://​www​.alie​nor​.org/publications​/epigraphie​/fiche_lapicide.htm
    - http://​www​.alie​nor​.org/publications​/epigraphie​/fiche_autius.htm
    - http://​www​.alie​nor​.org/publications​/epigraphie​/fiche_enfant.htm ↩︎

Autrice

Marie Platon, CPGE des lycées Pierre-de-Fermat et Saint-Sernin, Toulouse.


Pour citer cet article

Marie Platon, « Modo anti­quo scri­bere : pra­tiques d’é​cri​ture imi­ta­tive en cours de latin », Revue de péda­go­gie des langues anciennes, 1, 2022, p. 145–163, mis en ligne le 07 mai 2022.

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