Un projet interdisciplinaire LCA / CIT : la modélisation 3D du moulin de Barbegal à Fontvieille (13)

,

Résumé

Cet article pré­sente les étapes qui mènent, grâce à une col­la­bo­ra­tion inter­dis­ci­pli­naire entre les Langues et Cultures de l’Antiquité (LCA) et l’enseignement de Création et Innovation Technologiques (CIT), à la modé­li­sa­tion d’un site archéo­lo­gique romain peu média­ti­sé : les mou­lins de Barbegal, situés à quelques kilo­mètres d’Arles. Fondé sur la col­la­bo­ra­tion entre deux dis­ci­plines, tech­nique et géné­rale, le pro­jet met en acti­vi­té les élèves des deux sec­tions dans le but de réa­li­ser une maquette vir­tuelle en 3D. Les élèves de LCA s’occupent des élé­ments géo­gra­phiques, his­to­riques, archéo­lo­giques et archi­tec­tu­raux, qui per­mettent à ceux de CIT d’élaborer la maquette. Le tra­vail entre les deux groupes se fait sous forme de mini-confé­rences, qui assurent une cir­cu­la­tion effi­cace des infor­ma­tions. Le résul­tat, une maquette visi­table de grande qua­li­té, montre que les élèves s’approprient le maté­riel scien­ti­fique, et savent rendre visible un patri­moine antique ara­sé par le temps. Ils se sont en outre ren­du compte de la somme de tra­vail néces­saire à ce type de réa­li­sa­tion.

texte | biblio­si­to­gra­phie | notes | annexes | auteurs | cita­tion


Texte intégral

Les nou­veaux pro­grammes de LCA au lycée intègrent l’objet d’étude « Méditerranée », qui traite de thèmes allant de la géo­gra­phie géné­rale aux échanges inter­na­tio­naux en pas­sant par les conflits majeurs oppo­sant Rome à ses rivaux. En Terminale, l’étude s’infléchit quelque peu pour faire la part belle à l’archéologie sous l’entrée « Présence des mondes antiques / grands sites archéo­lo­giques », qu’il est pos­sible de croi­ser avec l’entrée « Inventer, créer, fabri­quer, pro­duire : Grandes réa­li­sa­tions tech­niques ». En effet, cer­tains sites romains, comme ceux de Provence, se prêtent à mer­veille à ce genre de pers­pec­tive. Autour d’Arles notam­ment se trouve un ter­rain favo­rable à l’étude en contexte des mou­lins hydrau­liques de Barbegal, à Fontvieille, de leur struc­ture, de leur archi­tec­ture ou de leurs rela­tions avec la ville voi­sine. Il s’agit d’un éta­blis­se­ment pro­to-indus­triel construit à flanc de col­line, sous la forme de seize chambres de mou­ture répar­ties en cas­cade sur sept étages, symé­tri­que­ment par rap­port à un esca­lier cen­tral, et ali­men­tées par un aque­duc qui lui est dédié. L’eau appor­tée par une cana­li­sa­tion creu­sée direc­te­ment dans la roche coule de part et d’autre des chambres de mou­ture, fai­sant tour­ner sur son par­cours seize roues à augets avant d’être éva­cuée par deux égouts sou­ter­rains1. La farine ain­si obte­nue est des­ti­née à nour­rir l’agglomération d’Arles, à envi­ron 10 km du site, qui fonc­tionne vrai­sem­bla­ble­ment entre les règnes de Trajan et de Constantin2. D’un point de vue inter­dis­ci­pli­naire, les ruines de Barbegal à Fontvieille, pour lisibles qu’elles soient sur place ou sur pho­to­gra­phie, n’offrent pas direc­te­ment à l’esprit une image concrète, qu’il faut donc faire sur­gir via le tra­vail inter­dis­ci­pli­naire des élèves, en les met­tant tour à tour à la place de l’archéologue, de l’architecte et du média­teur cultu­rel.

1. Le cadre du projet

Mis en place au lycée de l’Élorn, à Landerneau, durant l’année sco­laire 2015–2016, ce pro­jet a concer­né un groupe d’une ving­taine d’élèves de Seconde LCA-Latin et deux groupes à peu près iden­tiques de Création et Innovation Technologiques (CIT). Le lycée de l’Élorn est un éta­blis­se­ment com­po­sé d’un lycée géné­ral et tech­no­lo­gique, et d’une sec­tion pro­fes­sion­nelle, qui regroupent en tout envi­ron 1500 élèves. L’objectif était au départ de moti­ver les lati­nistes et de leur offrir l’occasion de réflé­chir aux aspects tech­niques de la civi­li­sa­tion romaine, domaine sou­vent peu repré­sen­té dans les études de Lettres clas­siques, orien­tées prin­ci­pa­le­ment vers des consi­dé­ra­tions lit­té­raires et lin­guis­tiques. Cependant, la redé­fi­ni­tion de l’« option latin » en « Langue et Culture de l’Antiquité » a ren­du pos­sible son ouver­ture vers des repré­sen­ta­tions plus tech­niques. Il s’agissait aus­si de pro­po­ser à des élèves inté­res­sés par le Latin plus dans sa dimen­sion his­to­rique et tech­nique que lin­guis­tique et lit­té­raire, des pro­jets plus proches de leurs ambi­tions pro­fes­sion­nelles et de ce à quoi les porte leur curio­si­té natu­relle. En effet, une grande pro­por­tion des lati­nistes en lycée sont de futurs scien­ti­fiques et tech­ni­ciens : il faut donc leur pro­po­ser des par­cours qui soient à la croi­sée des mondes antiques et de la pro­pé­deu­tique aux études aux­quelles ils se des­tinent. C’est pour­quoi il semble essen­tiel de struc­tu­rer les années de Première et de Terminale autour de pro­jets inter­dis­ci­pli­naires tou­chant les domaines d’étude les plus fré­quents aux­quels ils se des­tinent, de sorte qu’ils se trouvent en posi­tion d’expérimenter de façon pra­tique les apports de l’Antiquité aux dis­ci­plines qu’ils ren­con­tre­ront par la suite : droit, phy­sique et mathé­ma­tiques, sciences de la vie et de la terre, génie civil, ingé­nie­rie géné­rale…

Côté CIT, les col­lègues étaient en demande de pro­jets qui puissent ouvrir leurs élèves sur des repré­sen­ta­tions plus variées et sur­pre­nantes que les réa­li­sa­tions modernes, et qui puissent éga­le­ment débou­cher sur une pra­tique aus­si réflexive qu’enrichissante des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), tout en y incluant un échange qui brise l’isolement rela­tif des dis­ci­plines, par­fois vécues dans un strict cloi­son­ne­ment. À l’époque de la mise en place de ce tra­vail, les CIT fai­saient par­tie depuis 2011 des « ensei­gne­ments d’exploration », au même titre que les LCA d’ailleurs, à côté de l’option. Les ensei­gnants y pro­posent des pro­jets de pure créa­tion ou bien répon­dant à des besoins tech­niques, et qui uti­lisent les outils tech­no­lo­giques les plus en pointe : décou­peuses laser, impri­mantes 3D, logi­ciels de CAO (Création Assistée par Ordinateur, comme Sketchup, déve­lop­pé à l’origine par Google, ou Solidworks, logi­ciel dépen­dant de Dassault Systèmes). Une consigne typique de Création et Innovation Technologiques pour­rait être la sui­vante : « conce­voir une lampe comme un desi­gner sur Solidworks », c’est-à-dire à par­tir d’une modé­li­sa­tion 3D d’un objet sui­vant des formes géo­mé­triques simples qui, imbri­quées et dis­po­sées d’une façon esthé­tique et pra­tique, pro­duisent un objet élé­gant et utile.

Les élèves impli­qués dans cet ensei­gne­ment avaient donc l’occasion de mani­pu­ler des outils modernes, de se les appro­prier autant que pos­sible pen­dant l’heure et demie heb­do­ma­daire consa­crée aux CIT, et de se mettre dans la peau d’un desi­gner ou d’un ingé­nieur, par exemple. À l’heure actuelle, depuis la réforme du lycée de 2019, la CIT est cou­plée avec les Sciences de l’Ingénieur (SI) pour for­mer un ensei­gne­ment option­nel uni­que­ment acces­sible en classe de Seconde. Cette option se trouve majo­ri­tai­re­ment dans les lycées qui dis­posent de séries tech­no­lo­giques et d’une spé­cia­li­té orien­tée SI, comme la filière STI2D (Sciences et Technologies de l’Industrie et du Développement Durable). Cependant, la péda­go­gie de pro­jet per­met la mutua­li­sa­tion de res­sources en réseau dans un bas­sin d’éducation, et il n’est pas dif­fi­cile de conce­voir un échange de lycée géné­ral à lycée tech­no­lo­gique, si les deux enti­tés sont sépa­rées. Par mail, par visio­con­fé­rence, en pré­sen­tiel pour la trans­mis­sion des conclu­sions, les solu­tions sont nom­breuses.

Le pro­jet Barbegal four­nis­sait donc un point de départ idéal. Non seule­ment les élèves de LCA et de CIT pour­raient par­ta­ger leurs expé­riences en tant que concep­teurs et réa­li­sa­teurs, mais pour­raient se mettre en posi­tion active face à un pro­blème à résoudre. Cela entre par consé­quent dans les moda­li­tés de l’enseignement par pro­jet, fon­de­ment de la péda­go­gie action­nelle3, que l’on retrouve notam­ment en Langues Vivantes, où chaque séquence se ter­mine par une tâche finale : en l’occurrence, construire une maquette vir­tuelle visi­table en trois dimen­sions.

2. Modalités

Le pro­jet s’est dérou­lé en plu­sieurs étapes, répar­ties tour à tour entre LCA et CIT, de façon à ce que les élèves fassent par eux-mêmes des recherches dans une biblio­gra­phie adap­tée, et pré­sentent leur tra­vail au deuxième groupe sous forme d’exposés sui­vis de ques­tions. Engagé après les vacances de fin d’année 2015, il s’est dérou­lé jusqu’aux vacances de prin­temps 2016, dans le but de pré­sen­ter un « pro­duit fini » accep­table aux jour­nées portes ouvertes du lycée. Cependant, dans les faits, il a fal­lu pro­lon­ger presque jusqu’en juin pour que tous les élé­ments deman­dés dans le pro­jet soient bien en place, à rai­son d’une heure par semaine en LCA, sur les trois de l’horaire nor­mal, et d’une heure et demie par semaine en CIT, c’est-à-dire l’horaire com­plet alloué à cet ensei­gne­ment d’exploration.

Étape 1 : contextualisation du site

Il s’agissait dès le départ de contex­tua­li­ser le site dans son envi­ron­ne­ment géo­gra­phique et his­to­rique, afin de per­mettre une visua­li­sa­tion du pay­sage dans lequel devait s’inscrire le mou­lin, et une com­pré­hen­sion glo­bale de ses inter­ac­tions avec la ville d’Arles. Les élèves de LCA ont pour ce faire pro­duit une série d’exposés sur les thèmes sui­vants :

  1. Les tech­niques de l’archéologie
  2. Arles dans l’Antiquité
  3. La force hydrau­lique dans l’Antiquité
  4. Le site de la meu­ne­rie antique de Barbegal
  5. Les hypo­thèses d’élévation du site
  6. L’aspect des bâti­ments

Ces expo­sés pré­sen­taient un empan inté­res­sant dans la mesure où ils abor­daient non seule­ment le contexte his­to­rique et géo­gra­phique du bâti­ment à res­ti­tuer, mais met­taient aus­si en place des connais­sances archéo­lo­giques mises à jour et sus­cep­tibles de ren­sei­gner les élèves sur une éven­tuelle filière « Histoire de l’art et Archéologie » dont la repré­sen­ta­tion la plus proche de Landerneau se trouve à Quimper. Ils per­met­taient de faire tra­vailler tous les pro­fils d’élèves sans dis­tri­buer de tâches redon­dantes : puisque la recons­ti­tu­tion des plans ne néces­si­tait pas énor­mé­ment de tra­vail, puisque les chambres de meu­ne­rie adop­taient plus ou moins le même modèle mal­gré leur nombre, on ne pou­vait pas faire tra­vailler tous les groupes sur cet aspect, même si chaque expo­sé don­nait lieu à une récep­tion cri­tique de la part des élèves, et par­fois à une refonte par­tielle des élé­ments pro­po­sés.

Les groupes ont ensuite été répar­tis selon les sou­haits d’orientation post-bac des élèves et leurs affi­ni­tés par­ti­cu­lières, cer­tains pré­fé­rant se pro­je­ter dans un rôle d’architecte (expo­sé n° 5), d’autres d’archéologue (n° 1), d’historien (n° 2), d’ingénieur (n° 3). Les lin­guistes et les lit­té­raires n’ont eu aucun mal à s’inscrire dans la démarche, d’autant qu’elle com­plé­tait les textes et docu­ments étu­diés dans l’année. Par ailleurs, la sin­gu­la­ri­té du pro­jet, l’inclusion des TICE et la sen­sa­tion de sor­tir d’un ensei­gne­ment de LCA fon­dé sur une dua­li­té gram­maire-tra­duc­tion menaient les élèves à s’impliquer for­te­ment.

Chaque groupe dis­po­sait par ailleurs d’une série de docu­ments triés par les pro­fes­seurs et mis à leur dis­po­si­tion : cli­chés du site, rele­vés topo­gra­phiques, maga­zines, ain­si qu’un accès libre à inter­net en salle infor­ma­tique. En plus de ces docu­ments tex­tuels et ico­no­gra­phiques, ils se sont vu remettre un « conduc­teur » d’exposé où se trou­vait résu­mé un cahier des charges de ce type4 :

Ce que l’exposé « Techniques de l’archéologie » doit conte­nir :

  • Une défi­ni­tion de l’archéologie.
  • Une pré­sen­ta­tion des cir­cons­tances où on l’utilise.
  • Une pré­sen­ta­tion des dif­fé­rents pro­blèmes à résoudre par l’archéologie.
  • Une expli­ca­tion des tech­niques de ter­rain de l’archéologie.
  • Une expli­ca­tion des tech­niques uti­li­sées pour résoudre les pro­blèmes posés.

Le groupe « Techniques de l’archéologie » dis­po­sait donc comme les autres d’un accès à inter­net, et de res­sources docu­men­taires spé­ci­fiques, en l’occurrence deux maga­zines spé­cia­li­sés : le numé­ro 27 d’Archéothéma inti­tu­lé « Police scien­ti­fique et archéo­lo­gie »5 et le hors-série n° 5 d’Archéothéma inti­tu­lé « Les métiers de l’archéologie »6, dans les­quels ils pou­vaient pui­ser à la fois les connais­sances tech­niques et les illus­tra­tions qu’ils pour­raient juger per­ti­nentes pour com­prendre et expli­quer com­ment fonc­tionne, d’une façon géné­rale, le monde de l’archéologie. Les res­sources en ligne poin­taient aus­si vers le site de l’INRAP7, très facile d’usage, et qui résume de façon acces­sible à la fois l’histoire de l’archéologie et ses méthodes. Ainsi, ils étaient armés pour entre­prendre la pre­mière phase de recherche.

Cette phase de recherche a fini par débou­cher sur des expo­sés d’abord rôdés en classe de LCA, puis trans­mis au groupe de CIT sous forme de mini-confé­rences. Le recours aux images ain­si que les expli­ca­tions suc­cinctes mais pré­cises des élèves ont per­mis au groupe d’informaticiens en herbe de s’appuyer sur des élé­ments concrets. Bien évi­dem­ment, les sources don­nées aux élèves tant de LCA que de CIT ne devaient pas inclure de pré­cé­dentes réa­li­sa­tions de maquettes phy­siques, des­si­nées ou en 3D, que l’on peut trou­ver au musée d’Arles ou dans un article de Scientific American8 : il avait donc été néces­saire de sélec­tion­ner une sito­gra­phie élu­dant ces élé­ments pour ne pas pol­luer les repré­sen­ta­tions aux­quelles pou­vaient pen­ser les par­ti­ci­pants au pro­jet.

Étape 2 : reconstitution en cours de LCA

Les groupes de LCA char­gés de recons­ti­tuer le pay­sage du site de Barbegal et de for­mu­ler des hypo­thèses d’élévation ont dû tra­vailler sur des rele­vés sim­pli­fiés et des sché­mas muets afin qu’ils fassent l’effort de se pro­je­ter eux-mêmes dans le rôle d’ingénieur et d’architecte. Leur ont donc été four­nis une ver­sion adap­tée et sim­pli­fiée de l’article fon­da­teur de Fernand Benoît9, de même que les sché­mas des sommes rédi­gées par Philippe Leveau10, ain­si qu’une par­tie des sché­mas parus dans Scientific American (une coupe de la pente, un sché­ma des roues des mou­lins). Ces sources ont été déni­chées un peu par­tout en ligne, notam­ment sur les agré­ga­teurs de publi­ca­tions scien­ti­fiques Persee​.fr, ou Jstor​.org, qui consti­tuent des mines d’or : l’article de F. Benoît par exemple, très ancien, est très dif­fi­cile à trou­ver en ver­sion papier, mais se trouve sur Jstor​.org, à condi­tion de créer un compte. Le site Traianvs​.net est éga­le­ment pré­cieux car il regroupe beau­coup de publi­ca­tions sur l’archéologie et la tech­no­lo­gie romaines, notam­ment l’usage de la force hydrau­lique. Enfin, le site OpenEditions​.org pro­pose de lire beau­coup d’articles scien­ti­fiques en ligne, et par­fois d’en télé­char­ger des ver­sions pdf.

Les sché­mas pro­duits à la suite par les élèves sur LibreOffice Draw, de grande qua­li­té, per­met­taient de recons­ti­tuer chaque étage avec pré­ci­sion, c’est-à-dire chaque paire symé­trique de chambres de meu­ne­rie (Figure 1). Les autres groupes, une fois leur tâche ter­mi­née, ont pu par­ti­ci­per à la recons­ti­tu­tion des étages qui n’avaient pas encore été trai­tés, et de l’escalier cen­tral, et donc ain­si plei­ne­ment s’impliquer dans le pro­jet.

Figure 1 : Représentation de l’élévation laté­rale de la meu­ne­rie. Les trois pre­mières chambres, à gauche, dis­posent d’un sous-sol où est ins­tal­lée la meule. Les trous de pas­sage de l’axe de trans­mis­sion sont figu­rés par des pas­tilles bleues.
Crédit : David Loaec (licence Creative Commons : CC0).
Figure 2 : Le groupe de CIT uti­lise le plan d’élévation laté­rale pour créer les chambres et les posi­tion­ner sur une pente vir­tuelle. La vue pré­sente l’aspect final, avec les roues et le mur exté­rieur en place.
Crédit : Gilbert Simon (licence Creative Commons : CC0).

Un débat a par­ti­cu­liè­re­ment ani­mé les séances pro­gram­mées à rai­son d’une heure par semaine sur trois mois envi­ron, puisque les plans au sol et les restes d’élévation mon­traient des élé­ments inté­res­sants, mais ne don­naient aucun indice sur lequel s’appuyer pour esti­mer la hau­teur des bâti­ments. L’ingéniosité de la classe en tant que col­lec­tif a su pro­po­ser une solu­tion : exploi­tant la hau­teur de la roue, celle de son axe (don­née par les ori­fices encore en place sur les murs en ruine) et la hau­teur totale de la meule, ils ont pro­po­sé d’estimer la hau­teur sous toi­ture d’après la taille des hommes de l’époque. En effet, selon leur hypo­thèse, pour pou­voir soi­gneu­se­ment entre­te­nir le méca­nisme, les ouvriers devaient pou­voir se tenir debout au-des­sus de lui. Il suf­fi­sait donc de cal­cu­ler une hau­teur com­pre­nant le méca­nisme, un homme debout ain­si qu’un déga­ge­ment confor­table, mais qui ne soit pas exces­sif, au-des­sus de lui. De cette manière, le groupe a évi­té une déci­sion arbi­traire qui aurait attri­bué une hau­teur fan­tai­siste au bâti­ment. D’autres ont pen­sé qu’il fal­lait cal­cu­ler les hau­teurs non seule­ment en fonc­tion de l’entretien et de la taille des esclaves ou des ouvriers, mais aus­si en fonc­tion du coût de revient du bâti­ment. Les formes, hau­teurs et dimen­sions des fenêtres ont quant à elles repo­sé sur la néces­si­té de ven­ti­ler les locaux et de les illu­mi­ner sans nuire au tra­vail par une prise exces­sive au vent ou à la pluie. Cet aspect a par ailleurs été le pré­texte à des recherches sur la vola­ti­li­té de la farine de blé et le phé­no­mène d’explosion de pous­sières11, notam­ment les par­ti­cules de blé en sus­pen­sion dans les mino­te­ries.

Concrètement, voi­ci deux autres exemples de docu­ments pro­duits en classe à par­tir de sources scien­ti­fiques, qui per­mettent de mieux com­prendre la démarche appli­quée en LCA. La Figure 3 montre com­ment les élèves ont réus­si à concep­tua­li­ser et à réa­li­ser un modèle d’escalier de ser­vice à par­tir de pho­to­gra­phies du site. En rouge est figu­ré le bief, c’est-à-dire le bas­sin où se trouve plon­gée la roue à augets. Les dimen­sions sont acces­sibles sur les plans au sol et les esti­ma­tions don­nées dans la lit­té­ra­ture scien­ti­fique. L’escalier de ser­vice, qui per­met­tait l’entretien des roues, est repré­sen­té en noir : il est consti­tué de deux volées de marches enca­drant un palier où repo­sait une semelle, qui sup­por­tait l’axe de la roue. Cet esca­lier de ser­vice lon­geait le bief à l’extérieur des chambres de mou­ture. Les dimen­sions sont tirées de la par­tie sui­vante de l’article de F. Benoît12 :

« La hau­teur de chute (2 m 60) est constante ain­si que la lar­geur (2 m 20) ; chaque cour­sier est recou­pé dans le sens lon­gi­tu­di­nal, par une ban­quette de cir­cu­la­tion, avec esca­lier de com­mu­ni­ca­tion ados­sé au mur gout­te­rot, qui for­mait un déga­ge­ment laté­ral du haut en bas de la fabrique : le cour­sier pro­pre­ment dit n’a donc que 1 m 10 de lar­geur sur 2 m 60 de hau­teur. La lon­gueur des biefs, par contre, est variable selon les étages, cette dif­fé­rence étant des­ti­née à pro­cu­rer une plus grande lon­gueur aux chambres de meu­ne­rie supé­rieures : le bief infé­rieur qui sert éga­le­ment à l’évacuation de l’eau, a une lon­gueur de 5 m 20 ; les sui­vants (n° 2, 3, 4 et 5) mesurent uni­for­mé­ment 4 m 75, tan­dis que le 6ème atteint 6 mètres. »

L’article com­pre­nait par ailleurs une illus­tra­tion qui per­met­tait de déduire la hau­teur des marches et leur dis­po­si­tion13. Le tra­vail du groupe a donc consis­té à reti­rer les infor­ma­tions utiles de l’article (texte et image) et de les trans­for­mer en des­sin tech­nique (Figure 3) sus­cep­tible d’être uti­li­sé en CIT. Ils ont pro­cé­dé de la même manière, c’est-à-dire par com­pa­rai­son et extra­po­la­tion, pour expri­mer les cotes des roues à augets, ce qui donne le résul­tat ci-après (Figure 4).

Figure 3 : Escalier de ser­vice sur le plan four­ni par les élèves, avec une erreur dans une lon­gueur (18 cm au lieu de 4,75 m).
Crédit : David Loaec (licence Creative Commons : CC0).
Figure 4 : Cotes de la roue à augets, d’après un sché­ma paru dans Scientific American et l’article de F. Benoît.
Crédit : com­po­sée par David Loaec d’après une image sous © Scientific American.

Étape 3 : restitution

Les élèves de LCA ont trans­mis leurs conclu­sions à ceux de CIT sous forme de mini-confé­rences com­po­sées à l’aide de dia­po­ra­mas et se sont entraî­nés en cours de latin en vue d’expliquer ora­le­ment leur tra­vail et leurs conclu­sions à leurs cama­rades. Les deux groupes se sont donc réunis dans une salle, les élèves de latin expli­quant sous forme d’exposés-questions les étapes de leur rai­son­ne­ment et la vision qu’ils ont du tra­vail à accom­plir. Cela fait, les élèves de CIT se sont répar­tis par équipes dans quatre groupes dis­tincts, cha­cune étant char­gée de modé­li­ser sépa­ré­ment, via le logi­ciel Sketchup, un module du bâti­ment : esca­lier de ser­vice, roues, trans­mis­sions hautes et basses, façade et chambres de mou­ture, esca­lier cen­tral, char­pente, toi­ture et tuiles.

Chaque groupe dis­po­sait d’une fiche de tra­vail com­pre­nant si besoin un sché­ma et les indi­ca­tions néces­saires au tra­vail. Par exemple, le groupe qui tra­vaillait sur les roues à augets dis­po­sait de ces élé­ments :

Vous dis­po­sez :

  • du dia­po­ra­ma réa­li­sé par vos cama­rades de l’option Latin, expli­ca­tif des dif­fé­rentes solu­tions tech­niques mises en œuvre au cours de l’ère romaine per­met­tant de récu­pé­rer ou de créer de l’éner­gie hydrau­lique ;
  • de repré­sen­ta­tions planes ou pers­pec­tives cotées du modèle de roue à augets que vous avez à maquet­ter ;
  • du dia­po­ra­ma réa­li­sé par vos cama­rades de l’option Latin, indi­ca­tif des dif­fé­rentes teintes et cou­leurs que vous appli­que­rez à votre roue à augets.

Le tra­vail que vous avez à réa­li­ser :

  • Le tra­vail que vous avez à réa­li­ser dans le pre­mier temps du pro­jet est la réa­li­sa­tion de la maquette vir­tuelle de la roue à augets qui équi­pa les mou­lins de Barbegal. Le temps alloué à cette tâche est de 4 semaines.
  • Cette maquette doit res­pec­ter les dimen­sions indi­quées sur les plans mis à dis­po­si­tion.
  • Cette maquette doit res­pec­ter l’architecture géné­rale telle qu’indiquée sur les plans mis à votre dis­po­si­tion.
  • Cette maquette doit res­pec­ter les cou­leurs et teintes indi­quées dans le dia­po­ra­ma réa­li­sé par vos cama­rades de l’option Latin.

Cette répar­ti­tion a donc per­mis d’avancer rapi­de­ment dans la res­ti­tu­tion d’une base modu­laire de l’édifice, mais n’apportait encore aucun ren­du glo­bal.

Ainsi, après un mois de tra­vail à rai­son d’une séance d’une heure et demie par semaine, une pre­mière com­pi­la­tion des tra­vaux d’équipe est ten­tée. Chaque équipe tra­vaille durant cette étape sur une maquette glo­bale propre à par­tir des modules déjà conçus. Il existe donc autant de maquettes que de groupes, mais dont l’aspect est encore rudi­men­taire, car les fini­tions et le tex­tu­rage ne sont pas encore des­si­nés : il s’agit d’un ren­du proche d’une maquette « fil de fer » où seuls les volumes glo­baux sont en place, mais qui donne une bonne idée de la struc­ture géné­rale du bâti­ment. Ainsi, cette pre­mière ver­sion per­met de cor­ri­ger des défauts faci­le­ment repé­rables à l’œil nu. En effet, les plans four­nis par les groupes de LCA abou­tis­saient à une maquette où les sols se trou­vaient déca­lés les uns par rap­port aux autres (Figure 5) : les pentes pro­po­sées ne cor­res­pon­daient pas à la topo­gra­phie des lieux et l’escalier cen­tral abou­tis­sait à une maquette aber­rante dans laquelle il fal­lait mon­ter puis redes­cendre abrup­te­ment. Le groupe de CIT a donc pro­po­sé une cor­rec­tion de l’escalier au niveau de la troi­sième chambre de mou­ture, qui per­met à la fois d’accéder aux portes d’entrée et de conser­ver une pente nor­male. En fait, la pre­mière maquette ne tenait pas compte du fait que les chambres 3 et 4 par­ta­geaient un même niveau et une même toi­ture.

Figure 5 : Un exemple de pro­blème struc­tu­rel de l’escalier cen­tral et sa solu­tion.
Crédit : Gilbert Simon (licence Creative Commons : CC0).

Le tex­tu­rage et la mise en cou­leurs se font deux mois de tra­vail plus tard, d’après des pho­to­gra­phies du site actuel de Barbegal trou­vées sur inter­net ou four­nies par le groupe de LCA, afin de res­pec­ter la taille et l’aspect des maté­riaux réels, sur­tout ceux des blocs de pierre, tels qu’on peut les voir in situ. À la suite de ce tra­vail, une fois la pre­mière maquette habillée de façon plus réa­liste et attrac­tive, l’objectif change. Il s’agit en effet main­te­nant d’élaborer une maquette dyna­mique du site, c’est-à-dire de pro­duire une image en 3D que l’on peut obser­ver sous tous les angles et tous les points de vue, et que le spec­ta­teur peut visi­ter selon un par­cours déci­dé à l’avance, comme un film sau­ve­gar­dé sous forme de fichier vidéo, réa­li­sa­tion que l’on peut ensuite expor­ter sur n’importe quel média numé­rique, comme Youtube par exemple. Ce der­nier tra­vail occupe presque trois semaines à la fin de l’année.

Figure 6 : Exemple de ren­du final avant visite dyna­mique. Cette ver­sion pro­pose un bâti­ment en pierres appa­rentes, sans enduit. Il manque encore quelques détails (tex­ture et cou­leurs des esca­liers, écou­le­ment de l’eau).
Crédit : Gilbert Simon (licence Creative Commons : CC0).

Toutefois, les pro­blèmes res­tent nom­breux. En effet, des cor­rec­tifs arrivent régu­liè­re­ment du groupe de LCA, qui ne consacre qu’une heure par semaine au pro­jet et a ten­dance à prendre du retard : les cor­rec­tifs concernent l’aspect du bâti­ment, la taille et la hau­teur des ouver­tures, la nature des portes à insé­rer, ce qui témoigne d’une part de l’implication du groupe dans l’accomplissement de la tâche col­lec­tive, et d’autre part de la dif­fi­cul­té à prendre en compte à la fois la glo­ba­li­té du site et les menus détails en si peu de temps. Par ailleurs, les élèves de CIT conçoivent avec dif­fi­cul­té un scé­na­rio de visite tenant compte de toutes les pos­si­bi­li­tés d’un logi­ciel qu’ils découvrent au fur et à mesure de leur tra­vail. Ils ont sou­vent du mal à rai­son­ner du point de vue de la mise en scène et à se mettre à la place du visi­teur, d’où leurs hési­ta­tions : où pla­cer le soleil de façon à mettre en valeur le bâti­ment ? Par où faire entrer le visi­teur dans les chambres de mou­ture ? Comment sur­vo­ler le bâti­ment ? Quelles sta­tions choi­sir devant les élé­ments clefs pour en tirer le meilleur effet ? À ce stade, chaque groupe a été lais­sé libre de son par­cours, l’essentiel étant qu’ils soient tous arri­vés à un résul­tat final cohé­rent. La Figure 6 donne une idée du ren­du final de la maquette dyna­mique : les tex­tures sont en place (murs en pierres appa­rentes, chaî­nages, tuiles, bois de char­pente), les cou­leurs aus­si (notam­ment le rouge de l’enduit étanche des biefs), mais le décor n’est pas abou­ti. Si les lignes topo­gra­phiques sont fidè­le­ment ren­dues, la végé­ta­tion n’est pas convain­cante, et la col­line reste blanche. Cependant, le contraste des cou­leurs avec le blanc du pay­sage a le mérite, dans une pers­pec­tive de média­tion cultu­relle, de mettre en valeur le bâti­ment lui-même en sup­pri­mant des détails acces­soires qui pour­raient en brouiller la com­pré­hen­sion.

Étape 4 : retours d’expérience

Signalons que les élèves ont tous été très stu­dieux, tant en LCA qu’en CIT, et sur­tout sou­cieux d’aller au bout du pro­jet mal­gré de nom­breuses dif­fi­cul­tés impré­vues en che­min. Cependant, ils ont souf­fert du manque de temps pour figno­ler leur maquette. En effet, faire tra­vailler quatre groupes d’une quin­zaine d’élèves pen­dant cinq mois à rai­son d’1h30 par semaine n’a mal­heu­reu­se­ment pas per­mis d’ajouter toutes les fini­tions sou­hai­tables : cou­leur des sols et de l’escalier de ser­vice, sup­port des meules, place du soleil, méca­nismes sou­ter­rains, décor, acces­soires inté­rieurs, per­son­nages… En revanche, les par­ti­ci­pants au pro­jet se sont ren­du compte du tra­vail néces­saire à la res­ti­tu­tion pro­fes­sion­nelle d’un site archéo­lo­gique et de tout ce que cela implique, notam­ment la res­ti­tu­tion d’éléments qui ne laissent aucune trace archéo­lo­gique et que l’on doit extra­po­ler en s’inspirant d’autres bâti­ments, d’autres habi­tudes de construc­tion, d’autres concepts esthé­tiques, etc.

Pour ter­mi­ner, le tra­vail effec­tué en CIT a fait l’objet d’une trans­mis­sion au groupe de LCA, de façon symé­trique au pre­mier pas­sage de relais sous forme de mini-confé­rences avec ques­tions, ce qui a valo­ri­sé le tra­vail tech­nique et per­mis de cor­ri­ger les hypo­thèses que les appren­tis archéo­logues avaient faites mais qui se heur­taient à une impos­si­bi­li­té tech­nique. Les retours d’expérience inter­dis­ci­pli­naires ont donc été très fruc­tueux, et ont per­mis aux deux groupes de mieux se connaître, de com­prendre les contraintes qui s’appliquent d’un côté comme de l’autre de la col­la­bo­ra­tion sur un pro­jet de média­tion cultu­relle.

Enfin, pour valo­ri­ser le tra­vail fini, deux articles ont été publiés dans les médias locaux, et les vidéos des visites scé­na­ri­sées envoyées à Philippe Fleury, spé­cia­liste des maquettes en 3D du « Plan de Rome » à l’Université de Caen14, qui les a féli­ci­tés de leur tra­vail, ain­si qu’au conser­va­teur du Musée de l’Arles antique.

3. L’objet d’étude « Méditerranée » en Terminale

Ce tra­vail inter­dis­ci­pli­naire a été mené il y a déjà quelques années, mais pré­sente à l’heure actuelle, dans la pers­pec­tive des nou­veaux pro­grammes, des avan­tages consi­dé­rables. En effet, il peut faire l’objet d’un tra­vail sur le site même, à l’occasion d’une sor­tie ou d’un voyage sco­laire, sur­tout main­te­nant que des moyens tech­niques deve­nus abor­dables, comme des drones munis de camé­ras, per­mettent de faire très faci­le­ment des cli­chés aériens. La visite du site, qui n’avait pas été pos­sible à l’époque parce que le pro­jet avait été pro­gram­mé sans pla­ni­fi­ca­tion des acti­vi­tés extra­s­co­laires pos­sibles, serait un réel atout dans la com­pré­hen­sion de la confi­gu­ra­tion et de l’interconnexion avec le site voi­sin d’Arles. Cela per­met­trait de tra­vailler un autre aspect du tra­vail de l’archéologue ou du tech­ni­cien à son ser­vice : le tra­vail sur le ter­rain, et le contact avec la réa­li­té des matières, leur ren­du, leur poids, leurs dimen­sions. Cela per­met­trait aus­si la visite du Musée dépar­te­men­tal de l’Arles antique, mal­gré le risque d’interférence avec le pro­jet dans la mesure où il contient déjà une maquette phy­sique du mou­lin.

Du point de vue des pro­fes­seurs, le tra­vail inter­dis­ci­pli­naire a le mérite de faire émer­ger des pro­jets qui ne peuvent naître que de la confron­ta­tion des besoins (média­tion cultu­relle, néces­si­té de faire revivre l’Antiquité) et des moyens tech­niques. C’est d’ailleurs au cours de jour­nées portes ouvertes qu’est né le pro­jet, c’est-à-dire à un moment où se brise l’isolement péda­go­gique et où cha­cun peut se rendre compte des pos­si­bi­li­tés que recèlent les autres matières. En somme, le pro­jet Barbegal est un échange de bons pro­cé­dés, mais sur­tout un échange où tout le monde est gagnant : un pro­fes­seur de CIT peut pen­ser des pro­jets en dehors de sa « boîte » péda­go­gique peu­plée de robo­tique et de codage, et faire émer­ger des solu­tions tech­niques aux­quelles il n’aurait pas pen­sé seul. De son côté, un pro­fes­seur de LCA trouve à sa dis­po­si­tion des com­pé­tences qu’il n’a pas, ou qu’il ne peut pas construire seul, si ce n’est contraint, sou­vent, à uti­li­ser des outils rudi­men­taires. Les com­pé­tences se com­plètent donc d’un point de vue pro­fes­sion­nel, ce qui aug­mente le capi­tal confiance que chaque dis­ci­pline peut enga­ger dans une autre, efface des a prio­ri mal­ve­nus sur les LCA (dis­ci­pline pous­sié­reuse, rin­garde et her­mé­tique au pro­grès) ou sur la CIT (tech­ni­ciens sans lien avec l’histoire), et cham­boule de manière posi­tive les habi­tudes que l’on peut prendre dans une classe.

En outre, un tel pro­jet per­met de faire connaître un site majeur (quoiqu’un peu négli­gé en termes de média­tion cultu­relle) de la Méditerranée et de mettre en évi­dence l’aspect indus­triel de la pro­duc­tion de blé et de farine, puisque les sources donnent une esti­ma­tion du ton­nage de farine pro­duit quo­ti­dien­ne­ment15. Dans l’optique de l’entrée « Inventer, créer, fabri­quer, pro­duire : Grandes réa­li­sa­tions tech­niques », les mou­lins de Barbegal sont sans doute un des sites fran­çais les plus favo­rables à la réflexion. Par ailleurs, l’objet d’étude « Méditerranée : grands sites archéo­lo­giques » met en valeur la pro­blé­ma­tique non seule­ment de la sau­ve­garde du patri­moine antique, mais aus­si de sa mise en valeur à des fins tou­ris­tiques ou de média­tion cultu­relle. Enfin, tra­vailler soi-même sur une modé­li­sa­tion en 3D per­met de don­ner des outils métho­do­lo­giques à des élèves en quête d’esprit cri­tique. En effet, il suf­fit de com­pa­rer les res­ti­tu­tions aux­quelles ils abou­tissent et les res­ti­tu­tions pro­fes­sion­nelles du musée d’Arles, très proches dans son archi­tec­ture et ses dimen­sions, avec celles du maga­zine Scientific American, de Jean-Claude Golvin16 ou du docu­men­taire dif­fu­sé sur Planète inti­tu­lé « Les grandes décou­vertes de l’Antiquité : les inven­tions tech­no­lo­giques » (à par­tir de 00:15:18) pour se rendre compte que les inter­pré­ta­tions divergent radi­ca­le­ment sur des aspects majeurs de la struc­ture : hau­teur des roues et des murs, cou­ver­ture des chambres, cou­ver­ture ou non de l’escalier cen­tral, éva­cua­tion des eaux (clai­re­ment sou­ter­raine sur les rele­vés, mais repré­sen­tée en cas­cade chez Jean-Claude Golvin par exemple), etc.

Conclusion

Le site des mou­lins de Barbegal semble donc être une source d’inspiration inté­res­sante pour les pro­fes­seurs de LCA sou­cieux de faire par­ta­ger à tous leur pas­sion du monde antique par un tra­vail inter­dis­ci­pli­naire fruc­tueux, et par les pro­fes­seurs de CIT dési­reux d’élargir leur panel de pro­blèmes tech­niques à résoudre. Cependant, comme dans tout appren­tis­sage par pro­jet, il tend des pièges non négli­geables qui barrent la route des élèves dans l’acquisition de nou­velles com­pé­tences ou de nou­veaux savoirs. D’un point de vue per­son­nel, il a par­fois été dif­fi­cile, en LCA, d’éviter les dérives tech­ni­cistes, où c’est fina­le­ment l’enseignant qui réa­lise le pro­jet, et pro­duc­ti­vistes, où les élèves sont dépas­sés par des ambi­tions déme­su­rées, ce qui aurait rui­né les gains en termes de moti­va­tion ou d’estime de soi, qui sont pour­tant des objec­tifs pri­mor­diaux dans ce type de dis­po­si­tif. Ce n’est pas une mince affaire, sur­tout au début du pro­jet, quand le pro­fes­seur craint qu’il ne dérape ou qu’il n’arrive pas à son terme. En s’inscrivant dans la lignée des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) pra­ti­qués au col­lège, le pro­jet inter­dis­ci­pli­naire LCA-CIT sol­li­cite autant la res­pon­sa­bi­li­té des élèves que celle des ensei­gnants, qui doivent bali­ser le par­cours de façon à ce qu’il ne soit pas trop dif­fi­cile, en évi­tant éga­le­ment de ne lais­ser aux élèves que des exer­cices d’application qui excluent toute créa­ti­vi­té ou toute prise de risque. Après coup, en cher­chant le moyen de trans­mettre ce pro­jet à d’autres col­lègues, nous nous sommes aper­çus que cela s’inscrivait dans la lignée de ce que recom­mande le pro­jet Erasmus+ Crosscut17 (pour Cross Curri­cu­lar Teaching : ensei­gne­ment inter­dis­ci­pli­naire), dont le but est de favo­ri­ser l’apprentissage par pro­jet dans l’Union Européenne. En effet, au terme d’une mise en pra­tique de pro­jets inter­dis­ci­pli­naires dans plu­sieurs pays, Erasmus+ Crosscut a abou­ti à des recom­man­da­tions, des méthodes et des marches à suivre pour mener à bien ce genre de pro­jet, mais aus­si à un module de for­ma­tion des­ti­né aux ensei­gnants des pays de l’Union Européenne.

Pour finir, au cas où des col­lègues moti­vés par cet article vou­draient mettre en œuvre un pro­jet simi­laire, nous tenons à leur dis­po­si­tion le maté­riel de départ pour mettre en place cette col­la­bo­ra­tion.


Bibliositographie

Bibliographie

Adam Jean-Pierre, La construc­tion romaine : maté­riaux et tech­niques, Paris, Picard, 2005.

Amouretti Marie-Claire, « Barbegal. De l’histoire des fouilles à l’histoire des mou­lins », Provence his­to­rique, 42, fasc. 167/168, 1992, p. 135–150.

Benoît Fernand, « L’usine de meu­ne­rie hydrau­lique de Barbegal (Arles) », Revue Archéologique, sixième série 15.1, 1940, p. 19–80.

Collectif, « Les métiers de l’archéologie » (2012, juin-juillet), Archéothéma, his­toire et archéo­lo­gie, HS n°05 (numé­ro spé­cial), Chaponnay, Archéodunum, 99 pages.

Collectif, « Police scien­ti­fique et archéo­lo­gie » (2012, mars-avril) (dos­sier), Archéothéma, his­toire et archéo­lo­gie, n°27, Chaponnay, Archéodunum, 103 pages.

Gros Pierre, L’architecture romaine 2 : mai­sons, palais, vil­las et tom­beaux, coll. Les manuels d’Art et d’Archéologie antique, Paris, Picard, 2001.

Janès Agnès & Chaineaux Jacques, « Explosions de pous­sières dans les lieux de tra­vail, recen­se­ment et ana­lyse », Hygiène et sécu­ri­té au tra­vail, INRS, Paris, 2010, p. 3–13, dis­po­nible en ligne sur https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ND%202331 (consul­té le 15/12/2021).

Lebahar Jean-Charles, « Approche didac­tique de l’enseignement du pro­jet en archi­tec­ture : étude com­pa­ra­tive de deux cas », Didaskalia, Paris, 2001, n°19, p. 39–77, dis­po­nible en ligne sur http://​docu​ments​.ire​vues​.inist​.fr/​b​i​t​s​t​r​e​a​m​/​2​0​4​2​/​2​3​9​0​8​/​1​/​D​I​D​A​S​K​A​L​I​A​_​2​0​01_ 19_39.pdf (consul­té le 15/12/2021).

Leveau Philippe, « Les mou­lins de Barbegal 1986–2006 », dans J.-P. Brun et J.-L. Fiches (éd.), Énergie hydrau­lique et machines élé­va­trices d’eau dans l’Antiquité, Naples, Publications du Centre Jean Bérard, 2007, p. 185–199, dis­po­nible en ligne sur http://​books​.ope​ne​di​tion​.org/​p​c​j​b​/​434 (consul­té le 15/12/2021) et sur http://​www​.traianvs​.net/.

Leveau Philippe, « Les mou­lins de Barbegal, les ponts-aque­ducs du val­lon des Arcs et l’histoire natu­relle de la val­lée des Baux (bilan de six ans de fouilles pro­gram­mées) », Comptes ren­dus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 139ᵉ année, n°1, 1995, p. 115–144, dis­po­nible en ligne sur https://​www​.per​see​.fr/​d​oc/crai_0065_ 0536_1995_num_139_1_15445 (consul­té le 15/12/2021).

Leveau Philippe, Walsh Kevin, Bertucchi Guy, Bruneton Hélène, Bost Jean-Pierre & Tremmel B., « Le troi­sième siècle dans la Vallée des Baux : les fouilles de la par­tie basse et de l’émissaire orien­tal des mou­lins de Barbegal », Revue archéo­lo­gique de Narbonnaise, tome 33, 2000, p. 387–439, dis­po­nible en ligne sur https://​www​.per​see​.fr/​d​o​c​/​r​a​n​_​0​5​5​7​-​7​7​0​5​_​2​0​0​0​_​n​u​m​_​3​3​_​1​_​1​573 (consul­té le 15/12/2021).

Proulx Jean, Apprentissage par pro­jet, Québec, Presses uni­ver­si­taires de Québec, 2004.

Reverdy Catherine, « Des pro­jets pour mieux apprendre ? », Dossier d’actualité Veille & Analyses, n°82, février 2013, Lyon, ENS de Lyon, dis­po­nible en ligne sur https://​edu​pass​.hypo​theses​.org/​296 (consul­té le 15/12/2021).

Trevor Hodge Alfred, « A Roman fac­to­ry », Scientific American, vol. 263, n°5, 1990, p. 58–64.

Sitographie

Agence Erasmus+ France, « Résultat de pro­jet Erasmus+, “Crosscut” pour déve­lop­per les pra­tiques inter­dis­ci­pli­naires des ensei­gnants », dis­po­nible en ligne sur https://​www​.agence​.eras​mus​plus​.fr/​r​e​s​u​l​t​a​t​s​-​d​e​-​p​r​o​j​e​t​s​/​c​r​o​s​s​c​u​t​-​p​o​u​r​-​d​e​v​e​l​o​p​p​e​r​-​l​e​s​-​p​r​a​t​i​q​u​e​s​-​i​n​t​e​r​d​i​s​c​i​p​l​i​n​a​i​r​e​s​-​d​e​s​-​e​n​s​e​i​g​n​a​nts (consul­té le 16/12/2021).

ArchéOdyssée, Archéo­lo­gie et Culture his­to­rique, « Les mou­lins romains de Barbegal, génie tech­nique et indus­trie », 05 min 42 s (vidéo), 18/04/2021, dis­po­nible en ligne sur https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​a​E​L​T​F​j​g​A​Vjg (consul­té le 16/12/2021).

Golvin Jean-Claude, « Barbegal », dis­po­nible en ligne sur https://www.jean​clau​de​gol​vin​.com/​b​a​r​b​e​gal (consul­té le 16/12/2021).

Institut National de Recherche et d’Archéologie Préventive (INRAP), dis­po­nible en ligne sur https://​www​.inrap​.fr (consul­té le 16/12/2021).

Pigeron Bernard (réal.), « Film roue du mou­lin de Barbegal », 15 min 37 s (vidéo), 11/04/2020, dis­po­nible en ligne sur https://www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​6​T​B​t​w​T​a​g​jzE (consul­té le 16/12/2021).

Université de Caen, « Le plan de Rome, res­ti­tuer la Rome antique », dis­po­nible en ligne sur https://​rome​.uni​caen​.fr (consul­té le 16/12/2021).


Notes

  1. Leveau Philippe, Walsh Kevin, Bertucchi Guy, Bruneton Hélène, Bost Jean-Pierre & Tremmel B., « Le troi­sième siècle dans la Vallée des Baux : les fouilles de la par­tie basse et de l’émissaire orien­tal des mou­lins de Barbegal », Revue archéo­lo­gique de Narbonnaise, tome 33, 2000, p. 393. ↩︎
  2. Leveau Philippe, « Les mou­lins de Barbegal, les ponts-aque­ducs du val­lon des Arcs et l’histoire natu­relle de la val­lée des Baux (bilan de six ans de fouilles pro­gram­mées) », Comptes ren­dus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 139ᵉ année, n°1, 1995, p. 138–139. ↩︎
  3. Proulx Jean, Apprentissage par pro­jet, Québec, Presses uni­ver­si­taires de Québec, 2004. ↩︎
  4. Pour les autres expo­sés, se repor­ter à l’annexe 1 (p. 185). ↩︎
  5. Collectif, « Les métiers de l’archéologie » (2012, juin-juillet), Archéothéma, his­toire et archéo­lo­gie, HS n°05 (numé­ro spé­cial), Chaponnay, Archéodunum, p. 4–64. ↩︎
  6. Collectif, « Police scien­ti­fique et archéo­lo­gie » (2012, mars-avril) (dos­sier), Archéothéma, his­toire et archéo­lo­gie, n°27, Chaponnay, Archéodunum, 103 pages. ↩︎
  7. https://​www​.inrap​.fr ↩︎
  8. Trevor Hodge Alfred, « A Roman fac­to­ry », Scientific American , vol. 263, no 5, 1990, p. 58–64. ↩︎
  9. Benoît Fernand, « L’usine de meu­ne­rie hydrau­lique de Barbegal (Arles) », Revue Archéologique, sixième série 15.1, 1940, p. 19–80. ↩︎
  10. Leveau Philippe, « Les mou­lins de Barbegal 1986–2006 », dans J.-P. Brun et J.-L. Fiches (éd.), Énergie hydrau­lique et machines élé­va­trices d’eau dans l’Antiquité, Naples, Publications du Centre Jean Bérard, 2007, p. 185–199. ↩︎
  11. Janès Agnès & Chaineaux Jacques, « Explosions de pous­sières dans les lieux de tra­vail, recen­se­ment et ana­lyse », Hygiène et sécu­ri­té au tra­vail, INRS, Paris, 2010, p. 3–13. ↩︎
  12. Benoît, op. cit., p. 46–47. ↩︎
  13. Pour se faire une idée de cet espace, en par­ti­cu­lier de la dis­po­si­tion de l’escalier de ser­vice, de la hau­teur des marches et de leur lar­geur par rap­port au bief pro­pre­ment dit, se repor­ter à l’illustration 11 de l’article de F. Benoît, légen­dée « “train” de biefs orien­tal » (Benoît, 1940, p. 46). ↩︎
  14. https://​rome​.uni​caen​.fr ↩︎
  15. Leveau, 2007, p. 3 : « Dans l’enthousiasme de la décou­verte, un ingé­nieur avait éva­lué à 28 t de farine par jour la pro­duc­tion de l’usine. En fait, elle devait être bien infé­rieure, et ne pas dépas­ser les 4,5 t, ce qui est déjà consi­dé­rable et assure la four­ni­ture jour­na­lière de 350 g de farine à 12 500 per­sonnes, la popu­la­tion d’un centre urbain romain comme Arles. » ↩︎
  16. https://​www​.jean​clau​de​gol​vin​.com/​b​a​r​b​e​gal ↩︎
  17. https://​agence​.eras​mus​plus​.fr/​r​e​s​u​l​t​a​t​s​-​d​e​-​p​r​o​j​e​t​s​/​c​r​o​s​s​c​u​t​-​p​o​u​r​-​d​e​v​e​l​o​p​p​e​r​-​l​e​s​-​p​r​a​t​i​q​u​e​s​-​i​n​t​e​r​d​i​s​c​i​p​l​i​n​a​i​r​e​s​-​d​e​s​-​e​n​s​e​i​g​n​a​n​ts/ ↩︎

Annexes

Annexe 1 : Conducteurs des exposés

Les sujets

1- Les techniques de l’archéologie

Ce que l’exposé doit conte­nir :

  • Une défi­ni­tion de l’archéologie.
  • Une pré­sen­ta­tion des cir­cons­tances où on l’utilise.
  • Une pré­sen­ta­tion des dif­fé­rents pro­blèmes à résoudre par l’archéologie.
  • Une expli­ca­tion des tech­niques de ter­rain de l’archéologie.
  • Une expli­ca­tion des tech­niques scien­ti­fiques uti­li­sées pour résoudre les pro­blèmes posés.

2- Arles dans l’Antiquité

Ce que l’exposé doit conte­nir :

  • Une situa­tion géo­gra­phique dans l’empire romain : pro­vince, dis­tance avec Rome…
  • Une situa­tion his­to­rique : date de créa­tion, évé­ne­ments majeurs et leurs réper­cus­sions sur la ville.
  • Une expli­ca­tion des rai­sons pour les­quelles cette ville est spé­cia­le­ment inté­res­sante pour les archéo­logues à l’heure actuelle.
  • Une expli­ca­tion du rôle du mou­lin dans l’économie et l’approvisionnement de la ville.
  • Une pré­sen­ta­tion des res­sources utiles pour ceux qui vou­draient en connaître plus.

3- La force hydraulique dans l’Antiquité

Ce que l’exposé doit conte­nir :

  • Une pré­sen­ta­tion des objets ou des construc­tions qui uti­lisent l’eau dans l’Antiquité : adduc­tion, force hydrau­lique, pres­sion…
  • Une expli­ca­tion de l’un de ces sys­tèmes, au choix, en s’appuyant sur des sché­mas, des illus­tra­tions, des vidéos.
  • Une loca­li­sa­tion des sys­tèmes sur une carte, leur fré­quence dans l’empire romain.

4- Le site de la meunerie antique de Barbegal

Ce que l’exposé doit conte­nir :

  • Une loca­li­sa­tion pré­cise de l’endroit où elle est située.
  • Une expli­ca­tion du choix de cet empla­ce­ment.
  • Une pré­sen­ta­tion des ruines du site.
  • Une pré­sen­ta­tion géné­rale du plan du site.
  • Une pré­sen­ta­tion chif­frée et cotée du plan du site : cal­cul de la pente, des épais­seurs de murs, des sur­faces des chambres…
  • Une data­tion du bâti­ment.
  • Une expli­ca­tion du rai­son­ne­ment que vous avez uti­li­sé pour arri­ver à ces don­nées.

5- Les hypothèses d’élévation du site

Ce que l’exposé doit conte­nir :

  • Une pré­sen­ta­tion en coupe lon­gi­tu­di­nale de ce qui reste du site.
  • Une pré­sen­ta­tion des dif­fé­rentes hypo­thèses de recons­truc­tion.
  • Le rai­son­ne­ment qui vous a menés à faire ces hypo­thèses.
  • La conclu­sion que vous avez faite : quelle hypo­thèse rete­nez-vous ?

6- L’aspect des bâtiments

Ce que l’exposé doit conte­nir :

  • Une pré­sen­ta­tion géné­rale de l’élévation.
  • Une expli­ca­tion de l’aspect géné­ral du site :
    • quel type de mur,
    • quelles cou­leurs,
    • quelles ouver­tures,
    • quelles roues.
  • Une expli­ca­tion des rai­sons qui vous ont pous­sés à pri­vi­lé­gier ces expli­ca­tions.

La présentation et l’oral

  • Chaque dia­po­si­tive doit s’appuyer soit sur une image, soit sur un texte de syn­thèse.
  • Les dia­po­si­tives doivent être lisibles.
  • La pré­sen­ta­tion orale doit com­men­ter l’illustration choi­sie, sans redite : il faut aller plus loin que ce que l’on voit.
  • La pré­sen­ta­tion doit se faire à temps égal par tous les membres du groupe.
  • Elle doit durer entre 5 et 10 minutes.

Annexe 2 : Planches intermédiaires de la maquette

Figure 7 : Plan vir­tuel du site.
Crédit : Gilbert Simon (licence Creative Commons : CC0).
Figure 8 : Photographie oblique obte­nue avec la maquette.
Crédit : Gilbert Simon (licence Creative Commons : CC0).
Figure 9 : Vue de la façade sud.
Crédit : Gilbert Simon (licence Creative Commons : CC0).
Figure 10 : Vue de la façade ouest – chutes du bief.
Crédit : Gilbert Simon (licence Creative Commons : CC0).

Auteurs

David Loaec, agré­gé de Lettres clas­siques, lycée de l’Élorn, Landerneau.

Gilbert Simon, cer­ti­fié de Sciences de l’Ingénieur et de l’Industrie, lycée de l’Élorn, Landerneau.


Pour citer cet article

David Loaec & Gilbert Simon, « Un pro­jet inter­dis­ci­pli­naire LCA / CIT : la modé­li­sa­tion 3D du mou­lin de Barbegal à Fontvieille (13) », Revue de péda­go­gie des langues anciennes, 1, 2022, p. 167–188, mis en ligne le 07 mai 2022.

Publications similaires

Laisser un commentaire